La Criolla

Le terme criolla dériverait de l’expression Canción criolla (chanson créole).

Naissance de la Criolla

Développée à la toute fin du 19ème siècle, la Criolla ressemble beaucoup aux formes vocales empreintes de lyrisme et romantisme créés à cette période comme la Canción, le Bolero ou la Guajira.

Luis Casas Romero
Luis Casas Romero

Gaspar Villate y Montes ou Jorge Ánckermann sont les premiers à adopter la Criolla. Mais le flûtiste, compositeur et directeur d’orchestres Luis Casas Romero, l’ayant rendue populaire grâce à sa composition « Carmela » écrite en 1908, est souvent présenté comme l’initiateur de ce genre musical.

Il aurait puisé son inspiration dans les coros de clave. La Criolla serait un développement de la Clave de théâtre. En effet, les différences avec des Claves comme « Mares y arenas » de Jorge Ánckermann sont très subtiles. De fait, beaucoup de Criollas ont été entendues au sein du théâtre de Bufo.

Une fois n’est pas coutume, la paternité de la Criolla est très discutée. Certains y voient des influences du Bambuco colombien qui fut joué à plusieurs reprises dans l’île à la même époque.

D’autres, dont Fernando Casado, avancent que l’origine de la Criolla vient de République dominicaine. En effet, Antonio Gumersindo ‘Sindo’ Garay y García aurait affirmé avoir appris la Criolla intitulée « La Dorila » avec Alberto Vázquez (auteur du texte, la musique étant composée par Luis Morcello), en 1899 durant un voyage dans l’île voisine de Cuba. ‘Sindo’ Garay l’aurait ensuite gravée en 1907 sous le nom de « Dorilla ». D’autre part, Luis Casas Romero aurait voyagé à plusieurs reprises en République Dominicaine. Cependant, certains répondent que les œuvres telles que El Mambí de Luis Casas Romero, écrite en 1912, ont des caractéristiques propres qui les différencient de la Criolla dominicana, basées sur des formes nationales comme la Guajira.

Bien qu’elle soit d’origine urbaine, les textes de la Criolla se réfèrent parfois à des sujets ruraux, avec une vision idéalisée des campagnes cubaines vues par un citadain qui en oublie le dur travail physique que réclame l’agriculture et l’élevage. Les thèmes les plus courants sont la beauté de la femme, l’harmonie des paysages cubains ou les gloires patriotiques.

La Criolla va se mélanger au Bolero pour donner la Criolla-Boléro. Celle-ci commence par une Criolla pour s’achever en Bolero rythmique.

Structure de la Criolla

La Criolla se joue à un rythme lent mais plus rapide que la Clave. Le musicologue cubain Argeliers León décrit la Criolla comme une ligne mélodique fluide jouée en 6/8 qui se superpose à une accompagnement de guitare en 3/4.

Les Criollas sont composées d’une brève introduction suivie de 2 sections qui durent généralement 16 mesures. Souvent, la première des ces 2 parties est en mode mineur alors que la seconde est en mode majeur.

Voici quelques Criollas que vous pouvez écouter :

  • "Carmela" (1909) de Luis Casas Romero - Criolla
  • "El Mambí" (1912) de Luis Casas Romero - Criolla
  • "Hortensia" de Luis Casas Romero - Criolla
  • "Graciela" de Luis Casas Romero - Criolla
  • "Lola" de Luis Casas Romero - Criolla
  • "La volanta" d'Eduardo Sánchez de Fuentes - Criolla
  • "La bayamesa" ou "Mujer bayamesa" (1918) de 'Sindo' Garay - Criolla
  • "Oye mi clave" de Jorge Ánckermann - Criolla
  • "Una rosa de Francia" (1924) de Rodrigo Prats - Criolla-Boléro
  • "Quiéreme mucho" (1931) de Julio Gonzalo Elías Roig Lobo - Criolla-Boléro

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