Obbatalá

Présentation générale

Obbatalá
Obbatalá

Obbatalá, Oxalá, Orixalá, Ochalá, Orisainlá ou Orishanlá est un Orisha majeur. C’est le plus grand des Orishas et il est dit que ce fut le premier créé. On raconte qu’il est né en même temps que le soleil. Il est respecté par toutes les autres divinités. Il fait parti du groupe des Orishas cabecera avec Changó, Yemayá et Ochún.

Son nom vient du mot yoruba « Obbàtalá » qui signifie « roi de la pureté » ou « le roi vêtu de blanc ». C’est la divinité de la pureté par excellence. Ceci lui donne le pouvoir sur tout ce qui est blanc (par exemple les os chez l’homme). Il aime la pureté, la blancheur et la propreté. Il est à la tête du groupe des Orishas funfun ou Orishas funfún (Orishas blancs).

Sur demande d’Olofin, Obbatalá est le fondateur de la Terre et le créateur de tous les êtres humains et de tout ce qui vit sur la planète. En tant que créateur, il régit toutes les parties du corps humain et plus particulièrement la tête et sa symbolique comme les pensées, les rêves et la vie. Il fut aussi envoyé sur Terre pour dispenser le bien et gouverner comme roi de la planète. Il est ainsi considéré comme la divinité de la création. Il est aussi plein d’amour, de patience et d’attention envers ses « fils ».

Il représente également la paix et l’harmonie. C’est donc lui qui apporte apaisement, calme et tranquillité dans le monde. Il symbolise aussi la justice. Il ne dit que la vérité et incarne les choses vraies et justes. Il est consulté pour tout conflit entre humains ou nations afin de ramener la paix et de restaurer l’ordre. Il est la colombe blanche qui annonce le retour de la paix. De fait, il est protecteur des avocats.

Obbatalá est très apprécié et respecté parmi les Orishas grâce à l’attention qu’il leur porte. Sachant qu’il représente aussi l’intelligence, la sagesse et le savoir, ils viennent souvent lui demander conseil. Il est aussi médiateur dans les conflits entre Orishas.

Obbatalá protège contre la démence, la paralysie et la cécité. C’est le patron des docteurs.

Dans la nature, il est symbolisé par les collines, les montagnes et les lieux en altitude. Les métaux blancs et surtout argentés lui appartiennent. Il domine aussi les pierres blanches comme l’onyx blanc ou le nacre.

Obbatalá porte aussi les noms (caminos) de :

Caminos
  • Obbatalá Oshanlá ou Obbatalá Ochanlá, qui est un Obbatalá féminin qui figure parmi les plus âgées. On la représente comme une femme d'âge avancé, tremblante, qui craint le froid et qui a besoin d'être couverte d'un drap blanc. Elle tricote et brode tranquillement, assise dans une chaise. On ne peut pas hausser la voix devant elle. Certains la considèrent aveugle mais un patakí affirme qu'elle enseigna la lecture à une fillette. Elle est originaire d'Owó. Certains disent qu'elle vient plutôt d'Ifé. C'est l'épouse d'Obbatalá Oshagriñán. Certains estiment qu'elle est plutôt la compagne d'Olofin, ce qui explique que son collier comprenne des perles nacres, comme celui de ce dernier qui n'est composé que de cette couleur. Un de ses attributs est l'ivoire. Ainsi, une perle ivoire, ou à défaut nacre, est insérée toutes les 16 perles blanches dans son collier. Sa chambre est peinte en blanc et il y règne l'odeur d'un parfum. Ses pierres sont placées à part, comme dans tous les caminos féminins d'Obbatalá. Dans son réceptacle, on place un cerceau en plomb sur un ayé. Elle possède un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau, un cimeterre, 2 excréments de bovins (moñinga), 16 limaces et, des fois, un bâton pastoral (paoyé) en métal blanc et un cuerno sordo. Parmi ses attributs, on trouve aussi une poupée en biscuit portant un rosaire blanc. Quand elle baja (apparaît dans une cérémonie qui l'invoque et prend possession d'un participant), elle demande du beurre de cacao pour qu'on lui trace une croix sur la paume de la main et sur l'arrière de la tête. Puis, elle en mange un peu car cette graisse est supposée augmenter l'intelligence. Après l'avoir invoquée et une fois que l'on a déterminé que c'est Obbatalá Oshanlá, on ajoute dans son réceptacle du coton et des plumes de perroquet. Parfois on place aussi 2 œufs en ivoire ou en cristal et des éléments tissés et cousus. On la salue en se prenant soi-même dans ses bras et en croisant 2 fois sa tête avec celle du santo (même mouvement que durant un adoubement). Obbatalá Oshanlá est la lumière qui apparaît, c'est la madre de la hermosa luz (mère de la lumière sublime). On l'appelle ainsi car un phénomène lumineux donna naissance à son culte. Elle protège les communautés humaines pour lesquelles elle est protectrice et propitiatoire à la culture. Ses mains sont longues pour pouvoir sauver ses "fils" des pièges. Il existe un débat pour savoir si Obbatalá Oshanlá et Obbatalá Orishanlá sont le même camino d'Obbatalá car ce dernier est représenté comme une personne âgée qui a de nombreuses caractéristiques communes avec Obbatalá Oshanlá. Les Ararás l'appellent Orisasá ou Lisa. Elle se syncrétise avec la Virgen de la Merced ou Santa Ana ;
  • Obbatalá Oggán, jeune guerrier qui est le secrétaire d'Oduduwa et d'Obbatalá Ayágguna. Il est maître de la guataca (houe utilisée comme instrument percussif dans la musique). Il vit dans la ville d'Odduaremú ou Aderemo bien qu'il soit originaire d'Ibadán. Il forme une trilogie avec Obbatalá Ogbón et Obbatalá Ogboni. On le nomme aussi Leshé ou Ladekué. Il parle faiblement malgré qu'il soit commerçant. Il représente la jalousie, l'avarice et l'égoïsme. On l'invoque lorsque l'on a des problèmes car il représente la justice. Il se lave avec de l'eau de noix coco verte en compagnie d'Obbatalá dont il est le gardien. Quand il se nettoie, son réceptacle est couvert d'achó fun fún (tissu blanc). Il vit aux pieds d'Obbatalá et à côté du réceptacle de ce dernier. Pour certains, son eleke (collier) est constitué de perles rouges et blanches parmi lesquelles sont intercalées des perles vertes. Pour d'autres, il est fait de perles blanches avec 16 corojos (plante aussi appelée ivoire végétal) ou graines de mamoncillo chino (fruit) bien que ses véritables graines soient les iwuin vegetal. Obbatalá Oggán n'a qu'une otá de pico (pierre taillée). Ses attributs sont une carapace, une flèche, un acofá, un tin tin et un majá (serpent). Ils sont recouvert de coton. On lui sacrifie par immolation les mêmes animaux qu'Obbatalá. Il se nourrit également de lapins, d'akukó fun fún (coqs blancs), d'igname pilé, d'obí (noix de coco sèche), d'ekó (tamal de maïs) haché, de rosetas de maíz (pop-corn) et de 8, 16 ou 24 œufs enrobés d'orí (beure de cacaco) et accompagnés d'orí et d'efún (poudre de coquille d'œuf et de chaux). Cette nourriture se placent sur le toit de la maison. On lui offre de nombreux foulards, beaucoup d'efún, une petite tige en argent, 7 atarés (poivre de Guinée) que ses "fils" utilisent en cas de guerre, 16 limaces, 2 excréments de bovins (moñingas), 2 poignées d'escargots, 2 eyelés (colombes) en argent et un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau. Hors de son réceptacle, on lui place une échelle en argent composée de 16 marches. 2 poignées d'escargots sont cousues sur cette dernière. Son ossain (poupé qui contient l'Orisha) est une figurine en bois venant de la forêt. Il est en forme de tête de mort mais avec 4 œils et porte une faux dans la main car elle réduit la mort à l'esclavage et lui prit sa faux que l'on place dans son réceptacle. Les Ararás le nomment Tonuno ou Tonune ;
  • Obbatalá Orishanlá ou Obbatalá Orichanlá, son nom provient de l'union du mot "Orisha" avec "Nlá" qui signifie le manteau blanc, l'autorité, la superiorité et la grandeur. Il est originaire d'Owó. Il est le représentant d'Oloddumare sur Terre et son descendant direct. En effet, il porte en lui le souhait d'Oloddumare de traiter les Orishas et les hommes avec bonté car ce dernier dota Obbatalá Orishanlá du pouvoir de s'opposer aux influences négatives d'Eshú. C'est la seule divinité qui ne peut être pénétrée et corrompue par Eshú. Il est donc logiquement représenté comme une personne âgée, vêtue d'une tunique blanche et d'aspect pur et vénérable, qui dégage grandeur et splendeur. Il vit dans un lieu blanchâtre. C'est la divinité qui symbolise l'autorité et la fermeté. Il représente aussi la vérité, la justice, la lumière, la raison et la pureté. Il est dit qu'il sauve ses "fils" des pièges de la vie avec ses grandes mains. Il est très calme. Quand il baja (apparaît dans une cérémonie qui l'invoque et prend possession d'un participant), il demande urgemment du beurre de cacao afin qu'on lui trace une croix sur la paume de la main et sur l'arrière de la tête. Puis, il en mange un peu car cette graisse est supposée augmenter l'intelligence. Devant lui, on projette du parfum. Il existe un débat pour savoir si Obbatalá Orishanlá et Obbatalá Oshanlá sont le même camino d'Obbatalá car ce dernier est représenté comme une personne âgée qui a de nombreuses caractéristiques communes avec Obbatalá Orishanlá. Pour les Ararás, il se nomme Orisasá ;
  • Obbatalá Ayágguna, Obbatalá Ayáguna, Obbatalá Ayáguna Miniwá, Obbatalá Iyá Yagguna, Obbatalá Ivá Yáguna, Obbatalá Ayággruna ou Obbatalá Ayágruna, qui est le plus jeune des Obbatalás. Il est aussi connu sous le nom d'Aruwó. Il est le plus raffiné des Obbatalás mais c'est aussi un guerrier intrépide, courageux, téméraire et aguerri, comme Changó (il est d'ailleurs souvent considéré comme le Changó des Obbatalás). Il est dit qu'il propagea la guerre sur l'ensemble de la planète ; il les déclencha et elles s'étendirent jusqu'en Asie. Ce grand cavalier bataille avec son sabre depuis sa monture blanche. Il est vêtu de blanc et d'une bande rouge qu'il porte transversalement sur le torse. Son collier est constitué de perles blanches entrecoupées toutes les 8 par une perle rouge. Ses attributs sont tout ce qui a un lien avec la guerre (jouet en forme de cheval des fois couvert d'une couverture rouge, épée, château, machette, flèche, lance, dague, bâton), un visage harmonieux et un ruban rouge. On lui offre des colliers qui comportent 7 morceaux de coquille de noix de coco, des épées dont le manche est en moruro (arbre proche de l'acacia) ou en ébène, des casques de cheval, une figurine qui représente l'épouse qu'il a gagnée à un concours, une tête et une petite canne en ébène qui se termine par un crâne de colombe (représentant ses vertus) et décorée de perles correspondant à son camino. Si c'est l'Osha de cabecera, on lui offre une balle, 2 tibias d'un coq que l'on a mangé et recouvert d'argent, un chino, une cruche d'eau, une cartouchière et, hors du réceptacle, le tibia gauche d'un euré, un cimeterre, un diloggún, une arc et un flèche et une figurine armée d'un cimeterre et d'un fusil (symboles de ses guerres passées). Il a un ossain portant une cape rouge qui enfourche un cheval. Cetains le considèrent comme étant le fils d'Obbatalá Oshagriñán et roi de Keyú. Il est alors toujours accompagné d'une paire de drapeaux, l'un blanc et l'autre rouge. C'est le seul qui, dans ceraints cas de guerre ou de bataille, est autorisé à enrober sa nourriture d'huile de palme. On dit aussi qu'il fut querelleur et aimait les altercations et la boisson en excès. Les offrandes doivent lui être faites de la main droite car Obbatalá Ayágguna est droitier. En terre arará, il est appelé Afajún ou Malé ;
  • Obbatalá Ibaíbo, Obbatalá Igbá Ibó, Obbatalá Obbá Iba, Obbatalá Ibá Ibó, Obbatalá Ibá Ibó Obá Ibo ou Obbatalá Obba Iba. Il est âgé, son visage arbore de nombreuses rides et ses cheveux sont blancs. Il représente la pensée divine. Il est symbolisé par l'œil de la Divine Providence. On ne peut pas le regarder car il rend aveugle celui qui l'a observé. Il symbolise le mystère du güiro (instrument à base de calebasse qui se frotte) qui parle. Pour les Ararás, il porte le nom d'Foddú Daa. Les Eguadós disent qu'il vient de leurs terres et qu'avec son épouse, Obbatalá Yemmú, ils forment le couple (Babá-Iyá) qui donna naissance à tous les Orishas ;
  • Obbatalá Obálufón, Obbatalá Obálofón, Obbatalá Owa Olofón, Obbatalá Oba Olufón, Obbatalá Oba Lufón, Obbatalá Ocha Lufón, Obbatalá Obalofun ou Obbatalá Cha Lofón, qui est un Obbatalá masculin très âgé. Il représente le soleil et le Santísimo. Il est syncrétisé avec Emmanuel ou Jesús Nazareno. Tous les orishas obéissent immédiatement au moindre ordre de cette divinité car, par le seul fait de lever sa main droite et de la placer devant la figure de l'un d'eux, il les calme et les fait réliser ce qui est attendu d'eux. Sa danse est très difficile car il faut être plié en 2, les mains à hauteur du sol, le dos totalement courbé mais avec grâce et cadence. Pour certains, il vient des terres Oyó, Yebú et Egwadó. Il est le premier Obbatalá qui donna aux Hommes la parole et le droit à la sexualité. Pour d'autres, il est originaire d'Ofón et grandit à Oshogbo. Il est aussi connu sous le nom d'Alayé Moré. Les Ararás le nomment Tokuno. Quand on souhaite lui demander quelque chose, il faut le faire à l'envers. On le gratifie de 16 plumes de perroquet, d'une figurine en argent avec 2 cadenas (un sur les épaules et l'autre devant le sexe), d'une pierre de quartz et d'un bateau. Il inventa l'art de tisser et la couture à l'aiguille. C'est pour cela qu'on lui offre aussi 2 aiguilles en argent. Il inventa également la menuiserie qu'il ensigna à Obbatalá Oshagriñan. C'est le fils préféré d'Oduduwa. En terres Ifá, il a un frère qui s'appelle Oloyán Gromuko qui lui donna les secrets pour remplir les cornes de Changó (qui représentent son compagnon Oggué). Il est né le premier jour de septembre. Son ossain a une tête en bronze, symbole de l'image de l'orisha en Ifé. Enfin, certains disent que c'est une vieille femme qui, quand elle baja (prend possession), se présente ridée, petite et tremblante de froid. On la couvre de la tête aux pieds avec un drap propre ;
  • Obbatalá Oshagriñan, Obbatalá Ocha Griñán, Obbatalá Osá Griñán, Obbatalá Ochá Guiña, Obbatalá Osá Kriñán, Obbatalá Sagriñá, Obbatalá Agguiriñán ou Obbatalá Agguiriñá, qui est considéré comme étant l'Obbatalá le plus âgé. C'est le messager d'Olofin. On le rencontre en escaladant les montagnes. Il est pacifique et tremble de froid et de vieillesse. Il vient des terres Iyesá. Il est maître des chouettes qui symbolisent l'exprérience, l'intelligence, la discrétion et la sagesse. Il est capable de voir quand personne ne le peut. Los Ibeyis (l'homme Salakó et la femme Talabí) lui appartiennent. C'est par ce camino qu'il peut conduire à l'ilé (maison) qu'Olofin possède en haut de la colline. Il se syncrétise avec Jesús Crucificado, San José de la Montaña et San Sebastián. Il vit caché dans les airs et marche avec des béquilles mais quand on le met en colère, il les jette et sort sa machette. Pour certains, il est fils d'Oduduwa et roi d'Ogbomoshe et Egigbo. Les Ararás l'appellent Makenu. Il est marié à Obbatalá Oshanlá et accompagne Yewá. Il fut celui qui amena l'ordre dans le monde à travers son fils Ojiniyán. Il porte 3 flèches et un carquois décoré de perles blanches d'Obbatalá, une canne couverte de perles blanches d'Obbatalá, une machette, une épée, un bracelet torsadé, un Santísimo, un Yoreshoro sur un cheval avec une patte levée, une canine de sanglier, une canine de lion, de l'ivoire, du nacre, du corail et une boule de billard. Son réceptacle est divisé en 3 parties : une pour sa otá (pierre), une pour le diloggún et un pour ses attributs. On place 3 plumes de perroquet dans et 8 hors de son réceptacle. Il a d'autres outils en étain, une boule de cristal placée sur un tablero de Ifá (table de divination) consacré et une mano de Orula. Il fut celui qui donna à Orula le secret pour peler l'igname pour faire un ashé ou yefá. Il est des fois consiéré comme un guerrier qui vit au pied des arbres dont le végétal préféré est l'herbe. Il est alors père de Changó, d'Orula, d'Obbatalá Ayágguna et de Babashé. Il travaille avec les fondeurs de plomb. Il fabriqua la lance. C'est lui qui enleva les plumes de la tête des vautours. Il est vêtu de rouge et de blanc. Son collier est constitué de 9 perles nacres et d'une de corail. Quand ce camino d'Obbatalá est l'orisha cabecera, il possède, en plus de ses attributs, une couronne métallique blanche décoré de 16 plumes de perroquet réparties en 4 arcs de couronne et de 16 objets : un soleil, une lune, une lance, un éventail, une hache, un visage, une plume, un addá, une étoile, un Santísimo, un caméléon, un serpent, un miroir, une chaise, un figurine et un cheval ;
  • Obbatalá Yekú Yekú, Obbatalá Yekú Oño ou Obbatalá Yekú Oro. Il existe un débat sur son genre, masculin ou féminin. Dans tous les cas, il est considéré comme étant une personne âgée, frêle et recroquevillée qui représente la sagesse et se syncrétise avec la Santisima Trinidad. Son collier est constitué de perles blanches, nacres et d'ivoires. Il porte une canne. Ceux qui le prétendent féminin disent que c'est le compagnon d'Oduduwa. Elle se syncrétise avec le Cristo de Limpias et San Joaquin de la Paciencia y Humildad. Elle porte alors une couronne composée de 16 plumes de perroquet. Son ossain est dans une petite boîte en cèdre ou en argent. Il est enveloppé de coton et ne peut être exposé ni au soleil, ni au grand air. Ses 16 otás (pierres) sont séparées de son réceptacle sauf quand on donne à manger à l'Orisha. On lui immole des akukó fun fún (coqs blancs) et mange avec accompagnée d'Oke. On lui offre aussi un bélier mais il faut le promener tout en lui donnant des tapes affectueuses et ne le sacrifier qu'à la 8ème ronde. Cette cérémonie, ainsi que d'autre pratiques secrètes, assure santé et avenir ;
  • Obbatalá Alaguema, Obbatalá Aguemó Yemá, Obbatalá Aguema, Obbatalá Aguemá ou Obbatalá Agguema, qui est un Obbatalá féminin, ancienne et délicate. Elle vient de la cité d'Oduaremú, de Yebú et d'Inlé. Elle est maîtresse des caméléons. Elle en porte un sur sa main qui est doté d'un cimeterre et s'appelle Tanyi. Il vit dans les hauteurs de la forêt dont on dit qu'elle lui appartient. Elle possède les secrets de Changó. Elle est son messager ainsi que celui d'Olofin. Cet Obbatalá est double : Obbatalá Alaguema et Obbatalá Adema. En tant que messagers d'Olofi, les deux portent 7 flèches pour lui transmettre l'information. Elle suit et protège Oduduwa car celle-ci peut mesurer la méchanceté de ses ennemis qui se reflète sur la peau brillante d'Obbatalá Alaguema. Elle est accompagnée du grand esprit Lumujé qui se nourrit d'etú fun fún à ses côtés. Elle a une canne, 2 excréments de bovins (moñingas), une épée, un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau et 2 poignées d'escargots. Elle porte une chaîne en argent à laquelle sont accochés 9 colombes et un bonnet argentés et 16 morceaux de chaînes. Son ossain vit dans une soupière. Elle se synchrétise avec Santa Lucí et pour certains avec le Sagrado Corazón. Les Ararás l'appellent Alejeké Bajedo ;
  • Obbatalá Ekaniké ou Obbatalá Ekeniké. Cet Obbatalá masculin est guerrier et âgé donc tremblotte. Il vient des terres Iyebú. C'est le gardien du peuple. Il s'habille de rouge et blanc et accompagne Changó et Obbatalá Ayágguna. On lui offre un jouet qui est un fusil et, hors de son réceptacle, on lui pose une corne et de la poudre magique. Pour qu'il prenne possession d'un de ses "fils", il faut faire exploser des pétards. Quand il baja (prend possession), il faut recouvrir la pièce de blanc jusqu'au tambour et vêtir le possédé de la même couleur. Pour qu'il danse devant les tambours, il faut encore faire exploser des pétards. Il est alors surpris, fait un bond et commence à danser. Il a un ossain qui monte un cheval blanc et porte une épée, une trompette et une hache crétoise. En terres ararás, il est appelé Ahado ;
  • Obbatalá Talabí, qui est un Obbatalá féminin. Elle fait la sourde. Ce nom est aussi donné à la femme de Los Ibeyis. Obbatalá Talabí est syncrétisée avec Santa Rita de Casia ;
  • Obbatalá Baba Fururú, qui est un Obbatalá masculin. Il fut roi des terres Baribá ou Bayibá. Il guide les jeunes et résoud leurs problèmes. Il est recommandé afin d'aider les jeunes couples qui ne peuvent pas procréer. Quand on lui offre des colombes, on ne fait que les lui présenter puis on les laisse s'envoler. Son ossain possède une tige en argent. On lui offre de l'ivoire, une croix, un cheval, une plume ou un livre et on le décore de feuilles de palmier à l'extérieur de son réceptacle. Les Ararás le nomment Agótigagá. Il est parfois associé à San Joaquín ;
  • Obbatalá Eyuaró, Obbatalá Eruadyé ou Obbatalá Eluayé, qui est la fille préférée d'Olofin avec Iyá. Elle est mariée avec Obbatalá Ayágguna. Il faut la consulter pour qu'Obbatalá Obá Moró sanctionne. Elle est toujours représentée assise dans une chaise comme une reine ou une sainte imperturbable qui ne doit pas être déplacée. Son ossain est assis sur la même chaise. Elle possède 2 poignées d'escargots, un eleyá, 2 anneaux que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau, 2 excréments de bovins (moñingas), 2 bracelets torsadés, un bracelet en ivoire, un arc décoré de 4 étoiles en argent, 16 lerís (tête) d'eleyá ornées de perles blanches et un escargot pour chaque œil. En terres arará, elle prend le nom d'Agumé ;
  • Obbatalá Ashó, Obbatalá Achó, Obbatalá Asholó, Obbatalá Babá Ashó ou Obbatalá Babá Achó, jeune homme qui fut roi d'Ibadán et portait alors le nom d'Alashó Alá. Il danse sur un seul pied. Son ossain monte un cheval et possède de nombreux outils en argent comme une canne décorée de perles blanches, une boule de billard, 2 poupées, 4 escargots et 4 plumes de perroquet. Il est guerrier et arbore une bande de couleur rouge comme ceinture, comme son père Obbatalá Oshagriñan et son frère Obbatalá Ayágguna. On lui offre une figurine en cèdre sans tête et n'ayant qu'une jambe qui est chargée de son secret et qui est décorée de cuir d'une chèvre immolée pour Obbatalá. On le décore avec 7 foulards de couleur. Les Ararás l'appellent Awodó ou Akuadó. Il se syncrétise avec San José de la Montaña. Ce camino est peu mentionné ;
  • Obbatalá Obá Moró, Obbatalá Obamoró ou Obbatalá Obbámoró, homme d'âge très avancé qui fut roi d'Ibao. Il porte également le nom d'Abispá. Ses 5 messagers sont les albinos (alapíni), les lépreux (ashipa), les nains (samí) et les blessés (chinikú). Il marche toujours aux côtés d'Ochún. Ses couleurs sont le blanc avec des touches de violet. Il est dit que cet Obbatalá portait la croix sur laquelle l'église catholique crucifia Jésus. C'est pour cela qu'il est porte la couleur violette, comme Jésus de Nazareth. Quand il baja (apparaît dans une cérémonie qui l'invoque et prend possession d'un participant), il agit d'ailleurs comme s'il amenait la croix sur ses épaules. Son collier se compose de perles blanches, ivoires, corail et glorias. Parmi ses attributs, figurent 2 machettes, un Santísimo, 2 échelles, 2 lances, 2 disciplinas (arme de poing), une flèche, une hache en argent, une couronne d'épines et un crucifix. Hors de son réceptacle, on place une petite jarre, un aimant avec un excrément de bovins (moñinga) et une poignée d'escargots. Ses "fils" ne doivent se décorer la tête qu'avec des fruits secs, qui ne contiennent pas d'eau. On lui offre un Jésus de Nazareth, 2 figurines en mosaïque, une petite fourche en métal et une canne. Quand l'iyawó célèbre l'anniversaire de sa première année de croyance en Obbatalá Obá Moró, il doit consacrer la couronne d'épines en la lavant dans une calebasse avec les herbes d'Obbatalá, de l'erún (graines), de l'obi (noix de coco), du kola (graines) et de l'aira obi motiwao. Puis, on l'amène dans une grotte et on offre 2 poules blanches et 2 colombes de la même couleur à Obbatalá Obá Moró. On donne au santo (saint) de la noix de coco et on sacrifie les poules pour l'iyawó et pour la couronne. Avec l'ashé (sorte de force, de domaine de pouvoir, qui permet d'influencer ce qui va se passer) de la calebasse, des lerís (têtes) et de l'okán des poules, on lui crée un ossain décoré avec le cuir de la chèvre sacrifiée lors de la consécration première à Obbatalá. On lui donne la forme d'un cœur et on le couvre de perles blanches d'Obbatalá. La charge magique de son ossain se trouve dans une croix en cèdre ou en jócuma qui se place sur un calice ou une coupe sacrée avec des morceaux d'os humains. Les outils de son ossain sont 2 colombes et un calice terminé par une couronne d'épines qui se place sur l'une de ses otás (pierres). Les Ararás le nomment Jué Até ;
  • Obbatalá Orisha Ayé, qui est un Obbatalá féminin. Elle possède des escargots allongés appelés okinkonko. Elle représente l'aspect mystique des Obbatalá féminins qui dit qu'elles sont nées de la mer alors que les Obbatalá masculins sont issus de la terre. Elle fut la première Obbatalá à sortir de la mer. Certains la considèrent messager d'Ochún. Ses attributs sont une couronne et 5 addanes, comme Ochún. Son collier est fait de perles jaunes et, toutes les 25, on intrecalle des cauris qui ne peuvent excéder le nombre de 5. Elle mange des colombre par nombre de 5 ;
  • Obbatalá Ondó, qui est un Obbatalá féminin. Elle est vierge et vit dans les endroits rocailleux au bord de la mer. Elle possède 4 bouts de récif et un agborán (statue en bois qui représente une personne) fait de racines de ceiba (ceiba pentandra, fromager, kapokier ou bois coton) ;
  • Obbatalá Ayalúa ou Obbatalá Allaluo, qui porte le nom d'Alajúa en terres d'Ifé. Il vient des terres Egwadó. Il est guerrier et souvent qualifié de terrible exterminateur. Il accompagne Oduduwa. Il vit au milieu de la mer. Il est opposé à son frère Ayalá qui est celui qui conçoit les tête humaines, les remplit et leur donne vie. C'est quand on lui donne à manger que l'on chante le plus pour lui. Obbatalá Ayalúa porte un cimeterre, une couronne de lauriers et une chaîne en argent. Il vit dans une jarre blanche et verte qui est couverte d'une tasse peinte en vert à l'extérieur et des 7 couleurs de l'arc-en-ciel à l'intérieur. Hors de son réceptacle, on place des poids et une canne en bois d'ácana décorée de perles blanches. On le représente avec des pierres de tonnerre (piedra de rayo), pierres qui ont été frappées par la foudre et qui sont peintes de différentes couleurs. En terres Ararás, on le nomme Bejueleso, qui est la mère de Changó, et il naquit au milieu d'un éclair ;
  • Obbatalá Alabalaché, qui est un oracle qui représente le passé, le présent et le futur. Il communique avec ses "fils" au travers des rêves. Il possède entre autres 16 petites boules d'ivoire et des flèches en bois de palmier. Il se nourrit de plus de 8 eyelés (colombes). Hors de son réceptacle, on lui offre 4 coquilles d'obí (noix de coco sèche) afin de lui poser une question. Les Arará l'appellent Amukato ;
  • Obbatalá Olufón ou Obbatalá Ulufón, qui est un Obbatalá représenté comme une personne âgée paisible qui ne supporte pas l'obscurité. Il est donc toujours accompagné d'une lumière allumée. Ses "fils" ne peuvent pas dormir dans le noir. C'est l'orateur éternel d'Olofin. Il vient des terres Ifón. On lui attribue un jeu d'outils en plomb, 16 limaces (babosas) et un acofá. Son ossain est constitué d'un petit tambour en argent décoré d'escargots. On lui fait une couronne de perles blanches et de 16 plumes de perroquet. Son réceptacle est une soupière qui se place sur une natte de canastillero (meuble ou vitrine adaptée pour garder les réceptacles des Orishas et d'autres objets symboliques). Les Ararás le nomment Oliseto ;
  • Obbatalá Oloyú Okuní, qui est le maître des yeux des Hommes. Il est invoqué quand une personne a un problème d'yeux. Il vient des terres Ibadán. Sa couleur est le blanc. Il possède 4 plumes de perroquet en forme de couronne et un grand acofá. Il a un ossain qui est accompagné d'une flèche. Les Ararás le connaissent sous le nom de Nuerodosú ;
  • Obbatalá Oshá Orolú, qui est le roi d'Egwadó. Son réceptacle est entravé d'une chaîne en argent de laquelle pendent 3 acofás du même métal. Les Ararás l'appellent Agasako ;
  • Obbatalá Okeylú ou Obbatalá Okeilú, qui fut le roi d'Ekití et d'Abeokuta. Il est aussi appelé Atawé Oré. Il vit dans les hauteurs. On lui offre une clé, une canne, un cimeterre et un addá (petite épée). Hors de son réceptacle, on pose un petit osún de gallo. Son ossain vit dans une maison miniature qui est placée aux côtés d'Obbatalá Okeylú. Pour les Ararás, il porte le nom d'Akualisa ;
  • Obbatalá Aná Suaré, Obbatalá Anásuaré ou Obbatalá Suaré, qui est un Obbatalá masculin. Il est résigné et prétentieux. Il accompagne Obbatalá Obá Moró. Ses "fils" souffrent beaucoup et ne doivent mettre personne à la porte de leur maison ni lever la main sur celle-ci. Son collier est blanc. Ses attributs sont 2 machettes, un Santíssimo, 2 échelles, une flèche, 2 lances, 2 fouets, une couronne, un libre, un poayé (sceptre) et un crucifix. Son ossain a les traits d'une personne âgée. En terres ararás, il se nomme Anuá Jono ;
  • Obbatalá Adema, qui porte 2 bracelets d'argent et un collier composé d'au maximum 16 séquences de 16 perles d'Obbatalá et d'une perle verte lagon. Il mange avec Obbatalá des chevreaux blancs (oúnko fun fún), des faisans et de colombes ;
  • Obbatalá Segbo Lisa, qui est l'équivalent de l'Obbatalá des Ararás. Ses croyants sont appelés les Enusuje. Obbatalá Segbo Lisa vit dans l'espace, tanto à l'est, tanto à l'ouest. C'est le maître du monde. Ses attributs sont les mêmes que ceux d'Obbatalá. Pour sa consécration, une cérémonie qui requiert 2 akukó fanfún (coqs blancs) est tenue dans une grotte ;
  • Obbatalá Oshalufón, qui est un Obbatalá masculin. Il est l'éternel et respecté bras droit d'Olofin. C'est lui qui inventa la langue et donna l'ashé (faculté) de la parole aux Hommes. Il est également l'inventeur de l'art de la couture. Il vient de la terre Ifón. Il est dit qu'il devint Orisha à l'âge de 84 ans. Sa couleur est le blanc et il porte des perles de couleurs autres que le blanc. Il possède une langue en argent, une agogó (cloche) d'Obbatalá dont le manche est en forme de lame de sabre, une canne au manche courbe, 3 paoyés de palomas (bâtons pastoraux), une noix de kola, une croix en argent, un cœur en bois, un iruke (sorte de fouet en crin de cheval) chargé d'obí, d'ero et d'obí motiwao, une tête en plumes et en ivoire, un cœur en métal et une croix en ébène. Les abeilles lui sont consacrées. Son addimú préféré est les panales (gâteaux au miel). On lui offre des épis de millet. On le sépare par un rideau dans le canastillero (meuble ou vitrine adaptée pour garder les réceptacles des Orishas et d'autres objets symboliques) afin que son réceptacle ne reçoive pas la lumière. Pour les Ararás, il se nomme Foduya ;
  • Obbatalá Oguiniyán, qui est un Obbatalá masculin. Il est peu connu. C'est lui qui, par ordre de son père Obbatalá Oshagriñán, termina la fondation du monde. Il est complémentaire avec son père. Cet Obbatalá ne laisse pas voir son visage. Il mange des coqs. Il est représenté par un güiro (instrument à base de calebasse qui se frotte) peint en blanc et couvert de coton. Il n'a qu'une seule otá (pierre). On lui offre un coq en plomb et une chaîne en argent sur laquelle est accrochée un poignée d'escargots. Les Ararás le connaissent sous le nom d'Awémayú ;
  • Obbatalá Obalabí, dont on dit qu'il est sourd. Il est originaire d'Oyó. Il possède une corne en ivoire, 2 poignées d'escargots, un excrément de bovins (moñinga), un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau, un triangle en argent et un petite batte pour le faire sonner et appeler Obbatalá Obalabí, un petit tambour couvert d'escargots, un parapluie décoré de perles blanches, 4 bracelets d'argent et 2 figurines avec leurs otás (pierres). Le même rituel que pour les autres Obbatalás féminines est utilisé. Les Ararás l'appellent Kuosineo ;
  • Obbatalá Elefuro, Obbatalá Eluforo ou Obbatalá Elufora, qui est un Obbatalá féminin. Elle fut reine d'Ifé et se fait appeler "la reine des huiles". Elle reçoit aussi le nom d'Imolé. Elle vit entre les rideaux et on l'éclaire avec des lampes à huile. Il faut s'éloigner pour lui parler car elle n'aime pas que quelqu'un hausse la voix dans sa maison ou en sa présence. Ses otás (pierres) se placent hors de son réceptacle, dans une tasse arrondie. À l'intérieur de son réceptacle, on met du coton que l'on recouvre d'un disque de plomb et d'un escargot ayé, de ses outils, d'une poignée d'escargots, d'un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau, de 2 excréments de bovins (moñingas), d'un peigne en argent et d'un sabre. Elle possède un petit güiro qui contient ses secrets et qui symbolise Ojwi Yomi, une sentinelle de 16 ans, vierge, qui surveille les rêves d'Obbatalá Elefuro. À l'extérieur de son réceptacle, elle a une figurine et une canne avec 3 courbes. On lui offre des paniers remplis de pelotes de fil avec des aiguilles et un fuseau. Ses addimús (offrandes) se mettent dans un petit panier blanc qui l'accompagne toujours. Elle se nourrit de 8 eyelés (colombes). Les Ararás la nomment Oñoro. Elle est associée à Santa Virgen del Carmen ;
  • Obbatalá Oba Akiyá, qui protège les foyers. Il est connu pour apporter un domicile, un soutien et un bien-être à ses "fils". Il leur confère des facultés mentales supérieures pour qu'ils accèdent à la réussite matérielle ;
  • Obbatalá Oba Malú, qui est celui qui aide durant les moments difficiles à supporter et pour franchir les épreuves et obstacles de la vie ;
  • Obbatalá Efún Yobí, qui protège beaucoup ses "fils" en éloignant leurs ennemis. Il atténue les maladies et les peines et apporte une grande harmonie dans les foyers. Il se syncrétise avec San José de la Montaña ;
  • Obbatalá Alarmorere, Obbatalá Alármorere ou Obbatalá Alamoreré, qui, en plus des attributs habituels de cet Orisha, possède une scie et un marteau d'argent ;
  • Obbatalá Orisha Yeyé, qui, parmi les caminos féminin d'Obbatalá, est la plus ancienne. Elle porte aussi le nom de Dundalé. Elle vient de la terre Iyá Yé. Parfois, il est dit qu'elle est de la famille d'Oduduwa. Elle est la maîtresse des singes et des gorilles qui sont sacrés pour elle. Elle vit sur le sable. Durant les cérémonies, Obbatalá Orisha Yeyé a le privilège de retirer les otás (pierres) du réceptacle, comme pour tous les Obbatalás féminins, et de placer un escargot ayé à l'intérieur. Ses attribus comprennent une couronne de 16 escargots, un arc et une flèche. Parmi ses outils, on trouve un bracelet en cuivre car Obbatalá Orisha Yeyé marche souvent aux côtés d'Oyá. Son ossain se place dans un cercueil. Pour les Ararás, elle s'appelle Gagá ;
  • Obbatalá Obón, Obbatalá Ogbón ou Obbatalá Ogbon, qui est un Obbatalá masculin. Obbatalá Ogbón est le frère d'Obbatalá Ogbóni et d'Obbatalá Oggán avec qui il forme une trilogie gardienne d'Obbatalá et des secrets mystiques. Il se charge, en compagnie de son frère Obbatalá Oggán, de l'âme de tous les "fils" d'Obbatalá quand ils décèdent. Ses attributs sont une perles avec une pierre (otá), 3 flèches et des escargots. Parmi ses outils, on trouve un coffret minuscule en métal qui renferme un scarabée doré (il est dit que c'est un secret d'Obbatalá qui vient d'Égypte) et une poignée de tout petits escargots. Ce petit coffre va toujours aux côtés d'Obbatalá. On le retire quand son possesseur décède. On lui sacrifie par immolation des colombes blanches. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont des œufs mollets. Elles sont réalisées le 1er jour de l'année. En terres Ararás, Obbatalá Obón est appelé Agasawé ;
  • Obbatalá Obanlá, qui est un Obbatalá féminin dont le nom signifie "la lumière qui apparaît" ou "la lumière qui brille". C'est l'eyanlá d'Ifé. Elle veille sur les mariages et il est dit qu'elle devait se marier avec Obbatalá Ayágguna qui l'abandonna sur l'autel pour des aventures de guerre. Elle s'assoie sur une chaise et surveille tout. Elle est vêtue d'une robe et d'un voile blancs. Obbatalá Obanlá porte une couronne et une canne en argent qui se compose de 3 couronnes de diamètre croissant et se termine par une colombe. Elle a un soleil fait de 16 rayons, une pierre précieuse et un osún qui vit près d'elle et qui est constitué de 4 colonnes se finissant par 2 colombes superposées. On lui immole des poissons frais et des faisans blancs. Elle a une figurine qui tient une lune dans la main et s'habille d'un sayón (longue tunique) bleu et blanc. Cet esprit qui accompagne Obbatalá Obanlá est appelé Esí. Parfois, une poupée en bois, représentant un homme, est placée à ses côtés pour symboliser Obbatalá Ayágguna qui l'a quittée. En terres ararás, elle est appelée Seyitenó. Elle est associée à la Virgen de la Merced ;
  • Obbatalá Aikalambó, qui est un Obbatalá masculin. Il fut roi d'Iká, près de la cité d'Ibadán. On dit qu'il aime la boisson jusqu'à en être ivre. Il ne doit jamais lui manquer de sará ekó (boisson). Son ossain est fait de 3 singes en cèdre fixés sur une planche. Son réceptacle est une jarre décorée de beaucoup d'escargots. À l'intérieur, on met une machette et un cimeterre et à l'extérieur, un petit barril en bois d'otí (eau-de-vie), une bouteille de caramanchel et une tasse en argent. Les Arará l'appellent Ajá Nuto ;
  • Obbatalá Oshereilbo, Obbatalá masculin qui marche toujours aux côtés de Changó. Il le surveille et lui nettoie le chemin pour la bataille. Son ossain, que Changó lui a donné pour la bataille, est une figurine composée de 2 poupées en cèdre, un homme et une femme, unis au niveau du dos. Il possède une hache à double tranchant en argent et un cimeterre. Il est paré de beaucoup d'escargots et de plumes de perroquet. Les Ararás l'appellent Amasobi ;
  • Obbatalá Airaniké, qui est un Obbatalá masculin et guerrier. Il vient des terres Oyó. Il accompagne et surveille Obbatalá Oshalufón. Ses outils sont en bois de cèdre. Son ossain est une figurine qui monte un cheval. À côté de son réceptacle, on place une canne et une chaîne en argent sur laquelle sont fixés les outils de Changó faits en argent et un cimeterre d'environ 35 centimétres qui ne touche pas le réceptacle. Il est dit qu'Obbatalá Airaniké va aux côtés d'Oshumare et de Kinkologdé qui sont, respectivement, l'arc-en-ciel et la divinité. Les Arará l'appellent Ajósupato ;
  • Obbatalá Oyú Alueko, qui est devin. Elle souhaite qu'aucun autre Orisha n'aie de "fils" sur Terre. Outre les attributs propres d'Obbatalá, on lui ajoute 3 bracelets en argent, un adá (petite épée), un alfanje (cimeterre) et 2 grands escargots (dont l'un d'eux plein) décorés de perles de Changó, d'Orula et d'Obbatalá ;
  • Obbatalá Orisha Iwín, qui est potier. Il vient de la terre d'Owó. Il est le gardien de la porte du palais d'Obbatalá. Il possède 16 limaces, un cimeterre et une lance. Son ossain est une figurine en bois montant un cheval et armée d'un lance qui est entournée d'un léopard, d'une tortue ayabuá, d'un poisson doré eyá oro et d'un serpent. Les Ararás le nomment Jujewe ;
  • Obbatalá Oyé Ladé, qui est un chasseur. Il fut roi d'Ekití. Il va aux côtés d'Odé. Il possède un arc, une corne de cerf et de l'ivoire. Son ossain est une figurine de femme en bois d'hibiscus appelée Songokumbi. En terres Arará, il reçoit le nom de Bajelo ;
  • Obbatalá Ekúndiré, qui est un Obbatalá masculin. Il vient des terres Iyesá et accompagne toujours Oduduwa. Il porte un poayé (spectre) et 4 serpents. Son ossain est constitué d'une tête (lerí) de tigre faite en bronze, d'ivoire et de perles d'Obbatalá. Les Ararás l'appellent Kinisu ;
  • Obbatalá Orisha Obralá ou Obbatalá Orisha Obalá, qui est jeune. Il vit dans une jarre couverte d'escargots et placée dans le patio des maisons, à côté d'un bouquet de peregún (plante). Il possède 16 limaces et un cimeterre. Son ossain est une figure qui chevauche une limace en bois et que l'on place dans une petite maison ;
  • Obbatalá Bibí Niké, qui est un Obbatalá masculin. C'est un énorme cyclope qui monte à cheval. Une pointe dépasse de son front. On lui attribue une épée, une lance, 2 serpents en argent et son bouclier qui est une carapace de tortue. Il est toujours élégant et aime les choses fines. Son ossain est couvert de peau de tortue ;
  • Obbatalá Edegú ou Obbatalá Eddegúe, qui est un Obbatalá masculin. Il fut roi des terres Efushé. Son ossain est une figurine de plomb dont les pieds sont équipés d'éperons. On la place dans le réceptacle d'Obbatalá avec son collier. La soupière est décorée de 16 escargots. Parmi ses outils, Obbatalá Edegú possède un cimeterre et une lance. Il mange de nuit des chevreaux blancs et 3 faisans. Il est albinos. Les Ararás le nomme Ayayá ;
  • Obbatalá Abany ou Obbatalá Agbani, qui est un Obbatalá masculin. Obbatalá Abany est le père d'Obbatalá Oggán. Il fut maître du peuple Iyebú. Quand il devint aveugle, il fut sacrifié à Olokún par les Owó et sa tête, posée au bord de la mer, donna une grappe de noix de coco vertes qui depuis produit de l'eau. Obbatalá Abany vit dans l'eau et porte une petite bouteille en étain. Son ossain possède une tête de ce même métal. Il se nourrit de dindon blanc, se lave avec l'eau de la noix de coco verte et on lui offre de petites noix de coco tombées de l'arbre. Pour les Ararás, il se nomme Mawetón ;
  • Obbatalá Ayenolú ou Obbatalá Ayelú, qui est un Obbatalá masculin. Il est âgé et il lui manque une jambe. C'est le fils d'Obbatalá Oshagriñan et le frère d'Obbatalá Ayágguna. On lui donne aussi le nom de Yelú et de Laguelú dans la cité d'Ibadán. Son ossain est une figurine constituée d'ivoire, de nacre, de corail et d'un triangle en argent. Obbatalá Ayenolú est étrange et reposant. Son collier comprend 16 bouts de jais et des perles blanches. Sa nourriture se compose de coqs blancs et de 2 colombes noires. On lui brûle 8 cierges. En terres Ararás, on le connait sous le nom d'Akefún ou d'Akuadó. Il existe une autre version qui dit que c'est un Obbatalá guerrier qui arbore une bande rouge à la ceinture comme son père Obbatalá Ochagriñan et son frère Obbatalá Ayágguna. On lui offre un jeu d'outils en argent, un acofá, une canne décorée de perles d'Obbatalá, d'un yefá (poudre magique) d'Orula, d'une boule de billard, de 2 figurines, de 4 escargots et de 4 plumes de perroquet. Il possède une poupée en cèdre sans tête et qui n'a qu'une jambe. Son ossain est placé sur un monticule de coton et porte une crucifix, un escargot, du nacre et d'autres objets couverts de peau de chèvre d'Obbatalá et de perles blanches. On le vêt de foulards de différentes couleurs ;
  • Obbatalá Yemmú ou Obbatalá Yembó, qui est un Obbatalá féminin. Beaucoup la considèrent comme la mère ou le fondement de tous les autres Obbatalás et l'épouse d'Obbatalá. Elle est originaire d'Ibadán. Elle réduit la mort à l'esclavage et lui prit sa faux, celle qui se place dans son réceptacle. Elle parle faiblement malgré qu'elle soit commerçante. Obbatalá Yemmú mange des coqs et des canards au nombre de un. Elle se nourrit aussi de lapins. Son collier se compose de perles de corail, de bleu cristallin et de bleu clair au nombre de 14. Ses outils sont une clé et une ancre (la clé se place dessus) de métal blanc. On lui offre beaucoup de mouchois, beaucoup d'efún (poudre de coquille d'œuf et de chaux), une tige en argent, 7 atarés (poivre de Guinée) que son "fils" utilise en cas de guerre, 16 limaces, 2 excréments de bovins (moñingas), 2 poignées d'escargots, 2 eyelés (colombes) en argent et un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau. Hors de son réceptacle, on lui place une échelle en argent composée de 16 marches. 2 poignées d'escargots sont cousues sur cette dernière. Son ossain est une figurine en bois de forêt. Il est en forme de tête de mort mais avec 4 œils et porte une faux. Il porte le nom de Leshé ou Ladekué. Elle se syncrétise avec la Purísima Concepción ;
  • Obbatalá Agguidai, qui est un Obbatalá masculin. Il est en charge de transmettre les messages. On lui offre un osún avec un coq et 2 pieds et 2 mains en métal blanc. Son collier est blanc avec des tronçons de la couleur des 16 Orishas principaux (Elegguá, Oggún, Ochosi, Obbatalá, Changó, Yemayá, Ochún, Obba, Oyá, Babalú Ayé, Oduduwa, Olokún, Aggayú, Orula, Yewá et Osaín). Il est aussi connu comme le dieu de la variole et de la lèpre. Il mange des coqs blancs et des colombes blanches au nombre de 4. Son réceptacle contient 4 otás (pierres) en plus de ses outils. Ses otás ne doivent pas être exposées au soleil, à l'air ou à la belle étoile. Pour les santeros d'origine gangá, à Matanzas, il est lié à Babalú Ayé ;
  • Obbatalá Iyá Yeru Yeru Ifé, qui mourut enchaîné ;
  • Obbatalá Ogboni ou Ogbóni ;
  • Obbatalá Afebile ;
  • Obbatalá Akadó ;
  • Obbatalá Alabaché ;
  • Obbatalá Alakeíma ;
  • Obbatalá Babafumiké ou Obbatalá Baba Fumiké ;
  • Obbatalá Osakurón ;
  • Obbatalá Kolé yako ;
  • Obbatalá Ochari ;
  • Obbatalá Odín ;
  • Ajemolú, qui est un Orisha qui a beaucoup de liens avec Obbatalá. Certains le considèrent comme un de ses caminos. Il porte une hache en bois ornée de perles blanches et noires. Ses attributs sont 4 bracelets en métal blanc. Son collier est blanc et toutes les 8 ou 16 perles, une de couleur noire est insérée. Il mange des coqs.

Obbatalá est un Irunmolé (énergie mère envoyée sur terre par Oloddumare) qui fut converti en Orisha à cause de ses erreurs. Durant sa vie sur Terre, il fut roi des Igbós. Dans le Palo, il est appelé Quenqui, Kenqui, Mamá Quenque ou Mama Kangu. En Kimbisa, il est connu comme Yolá, Yayé, Iña Naaba, Mamá Kenqué, Mamá Kéngue, Quenqué, Pandilanga Npungo Kikoroto ou Tiemba Terra. Pour les Ararás, Obbatalá porte le nom de Naná Burukú, Chegbo Lisá ou Dadda Awoay Maggada. En langue fon, il est connu sous le nom Lisa. À Haïti, c’est Lissa et au Brésil Oxalá.

Les « fils » directs d’Obbatalá sont les personnes qui sont touchées d’une malformation, les albinos, les malades, les immuno-définicients et ceux qui ont des difficultés physiques ou mentales. En effet, un patakí raconte qu’Oloddumare chargea Obbatalá de créer les êtres humains. Un soir, celui-ci, amateur de vin de palme et sous l’influence de cette liqueur, conçut accidentellement un certain nombre d’humains malformés dont des albinos, des nains, des bossus, des recroquevillés, des boiteux… Bien qu’il soit chargé de modeler les corps, la vie était du seul ressort d’Oloddumare. Ce dernier leur insuffla la vie. Depuis, toute personne avec un défaut physique ou mental est un ení (être sous protection) et un omó (fils) d’Obbatalá même si la personne est déjà liée à un autre Orisha.

Les « fils » d’Obbatalá sont dotés d’une grande volonté. Ils défendent leurs idées même s’ils sont seuls contre tous, ce qui parfois leur vaut d’être considérés comme entêtés. Généralement, ils exercent un emploi intellectuel comme artiste ou écrivain. Ils possèdent une grande intelligence et un vaste savoir. De nature réservée et tranquille, ils ne regrettent jamais leurs décisions. Ils sont dignes de confiance. Ils maintiennent la propreté avec soin.

C’est un Orisha extrêmement respectueux. Il n’admet pas que l’on manque de respect à quelqu’un, que l’on profère des paroles dures ou injurieuses ou que l’on se dénude en sa présence. Ses « fils » doivent donc être très respectueux mais exigent en échange d’être respectés.

Obbatalá est accompagné d’un groupe de divinités que l’on appelle les Fúnfún (Orishas blancs) qui comprend par exemples Oké, Borosiá, Ogá ou Agidaí. Ils sont vêtus de blanc et leur collier est également blanc. Ils partagent les mêmes attributs, offrandes, interdictions et sacrifices qu’Obbatalá à quelques exceptions près.

Son histoire

Histoire d’Obbatalá

Obbatalá est le fils direct d’Olofin et d’Oloddumare. On dit parfois qu’à travers ses différents caminos et patakís, il est à la fois le père et la mère de tous les Orishas. Son nom signifie alors « le roi des dvinités ». C’est le seul Orisha qui est à la fois masculin et féminin.

Patakís

Patakí (histoire) sur Obbatalá

Au début, quand Oloddumare descendit sur Terre, il fut accompagné de son fils Obbatalá. Sous les cieux, il n'y avait que de l'eau. Oloddumare remit à Obbatalá une poignée de terre dans la coquille d'une limace et une poule. Obbatalá forma un monticule de terre au milieu de la mer. Dessus, il y plaça la poule. Dans son ascension vers le sommet, elle éparpilla la terre, formant le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Olofin chargea également Obbatalá de former le corps des hommes. Il réalisa cette tâche et termina son œuvre en leur ajoutant une tête sur les épaules. C'est pour cela qu'Obbatalá est considéré comme étant le maître de la tête des hommes.

Pour certaines occasions, les hommes préparaient de grandes fêtes en l'honneur des Orishas. Seulement, une négligence inexplicable leur fit oublier Yemayá. Furieuse, elle demanda aux eaux de commencer à engloutir les terres. Chevauchant les vagues les plus hautes, livide avec son éventail en argent à la main, elle épouvanta les hommes qui ne savaient que faire. Ils supplièrent Obbatalá. Quand la rugissante immensité de Yemayá s'abbatit sur ce qu'il restait du monde, celui-ci intervint. Il leva son opayé et ordonna à Yemayá qu'elle cesse. Par respect, la maîtresse des mers retint les eaux et promit de mettre fin à sa colère. En effet, Obbatalá ayant crée les hommes, comment peut-il laisser quelqu'un les détruire ?

Autre patakí sur Obbatalá

Obbatalá avait une fille qui lui apportait une grande joie. Sa fille, belle, douce et simple, avait 3 prétendants : Ikú, Aro et Ofo. Comme on peut l'imaginer, Obbatalá se trouvait devant un épineux dilemme. En donnant la main de sa fille à l'un des prétendants, il craignait que les autres veuillent se venger. Quel que soit son choix, il mettait la vie de sa fille en danger.

Obbatalá se transforma en colombe et se posa sur un arbre couvert de fleurs multicolores qui représentaient toutes les vertues que l'on pouvait rencontrer dans son royaume. Il se sentait malheureux. Au bout d'innombrables réflexions, il plongea dans un profond sommeil. Quand il se réveilla, toutes ses pensées lui revinrent à l'esprit. Il avait trouvé une solution. Il se pressa alors d'émettre un message dans tout son royaume : "Celui qui m'apportera un abani (cerf) pourra se marier avec ma fille".

En ces temps, les abanis étaient très rares et difficiles à chasser. Dans la forêt qui entourait le palais vivait un éleveur qui aimait secrètement la fille d'Obbatalá. Il avait décidé de trouver et d'offrir l'abani demandé. Avant tout, il souhaita consulter Orula. Celui-ci exigea qu'il fasse un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) avec des limaces, des petites coquilles, de la meringue, de l'ashó fun fun (vêtements blancs) et un canne à sa taille. Il lui recommanda également qu'ensuite il aille dans les montagnes pour chanter.

L'éleveur exécuta ces consignes. Son chant était si doux et mélodieux que l'écho ressemblait à des voix suaves venues d'un autre monde. Ikú qui se promenait sur le sentier s'arrêta pour écouter. Ayant lu l'annonce d'Obbatalá, il avait capturé l'abani tant convoité et l'avait enfermé dans un sac. Subjugué par le chant, il laissa tomber le sac et resta comme pétrifié. L'éleveur profita de cette état de transe pour ramasser le sac et il l'amena immédiatement à Obbatalá. Ce dernier lui accorda la main de sa fille, tout ceci grâce aux conseils avisés d'Orula. Par ordre d'Obbatalá, d'Orula, Eshú et Oggún, Ikú, Aro et Ofo furent enfermés et ne purent faire de mal à personne.

Autre patakí sur Obbatalá

Obbatalá Orishanlá était chargé par Olofin de mouler le corps des hommes avec de la boue. Ce dernier devant leur insuffler la vie. Obbatalá voulut un jour donner lui même vie à son œuvre. Il se décida d'épier Olofin afin de savoir comment il transformait ces corps inertes en êtres vivants.

Une nuit, au lieu d'aller dormir, Obbatalá Orishanlá se cacha dans un coin de l'atelier avant que le Créteur n'arrive. Olofin, connaissant les projets d'Obbatalá, lui donna une leçon en le faisait sombrer dans un profond sommeil. Le lendemain, à son réveil, il vit les corps en vie et comprit qu'il ne devait pas être présomptueux et ensivager ce qui ne relevait pas de sa compétence.

Autre patakí sur Obbatalá

Un jour, Olofin était en train de penser à la création de la vie sur Terre, astre qu'il avait bâtie avec Olodumare. La planète bleu n'était alors qu'un océan dominé par Olokun. Olofin rassembla sa cour avisée. Il s'assirent et discutèrent du sujet. Orula dit qu'il était possible que la vie s'installe sur le domaine d'Olokun à condition qu'un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) soit réalisé. En consultant son oracle de divination, il ajouta que seul une personne sage pouvait effectuer cet ebbó. Olofin demanda à Obbatalá, en qui il avait confiance, de s'en charger. Orula étudia plus attentivement son oracle et dit à Obbatalá qu'il prenne quelques outils pour créer les terres où la civilisation et la vie pourraient s'installer. Il l'infoma aussi qu'il devait descendre sur Terre grâce à une longue chaîne avec une poule et du sable.

Le jour venu, Obbatalá descendit vers cette immense mer, domaine d'Olokun, et effectua l'ebbó. Juste sous ses yeux, les terres surgirent. Il sauta dessus et fut ainsi le premier Orisha à toucher le sol terrestre. Obbatalá regarda en l'air et vit Elegguá en train de descendre également à l'aide de la chaîne. Obbatalá lui demanda ce qu'il faisait là. Ce dernier lui répondit qu'il cherchait s'il pouvait apporter une quelconque aide. Obbatalá entreprit de parcourir ces terres divines et, accompagné d'Elegguá, remarqua que les arbres commençaient à pousser, les herbes à sortir et les fleurs à s'ouvrir. Obbatalá, ravi, demanda à Elegguá de retourner auprès d'Olofin afin de lui signaler que le travail sur Terre avait été accompli. Olofin, heureux d'apprendre la nouvelle, envoya une colombe sur Terre, pour Obbatalá, qui devint alors son symbole.

Olofin se rendit sur la Terre et dit à Obbatalá qu'une forme de vie y manquait. Il souhaitait qu'une humanité foule ces terres. Cependant, il ne voulait pas qu'ils aient le même ashe (sorte de force, de domaine de pouvoir, qui permet d'influencer ce qui va se passer) que les Orishas. Obbatalá lui proposa de l'aider. Olofin, occupé par d'autres affaires dans les cieux et l'espace, lui délégua cette tâche. Obbatalá accepta mais demanda à Olofin comment faire. Ce dernier lui dit de créer des êtres sous forme humaine à l'image des Orishas. Une fois ce travail terminé, Olofin devait être appelé afin de leur insuffler la vie. À partir des sables de la Terre, il commença à former et modeler ce que nous sommes aujourd'hui. Après plusieurs centaines de modèles, il appela Olofin pour donner vie à son travail. Celui-ci donna une âme à ces milliers de corps allongés sur le sol. Tous se levèrent et il leur fut indiquer qu'il mènent une vie prospère et humble, priant Oloddumare, leur créateur. Chacun s'en alla vers sa destinée, suivant son propre chemin.

Ce travail dura plusieurs jours, Obbatalá travaillant sans relâche. Le soleil apportait lumière et chaleur sur la Terre, rendant le travail toujours plus difficile. Un jour, Obbatalá, fatigué, décida de faire une pause. Il alla s'asseoir à l'ombre d'un arbre. Il prit sa gourde blanche contenant de l'otí (eau-de-vie). Il commença à boire pour étancher sa soif. Sans s'en apercevoir, il but tout son otí. Titubant, il retourna sur le lieu de son travail et continua de modeler des êtres humains. Il ne remarqua pas qu'au fur et à mesure, ses créations devenaient de plus en plus étranges. Il fabriqua des modèles sans lèvres, des corps déformés, sans pigment de peau... Quand il termina, il appela Olofin afin que celui-ci leur donne vie.

Olofin vint donc sur Terre et vit les modèles étendus. Confiant envers Obbatalá et ayant déjà vérifié son travail auparavant, il leur insuffla la vie, sans voir qu'ils étaient différents. Les hommes se levèrent et Olofin remarqua alors leur différence. Irrité, il questionna Obbatalá sur ce qui s'était passé. Celui-ci se rendit compte que quelque chose ne s'était pas bien déroulé et qu'il avait trahi la confiance qu'Olofin avait placé en lui. Obbatalá dut expliquer qu'il avait bu et ne n'avait pas voulu faire cela. Il supplia Olofin de le pardonner et lui proposa que tous ces hommes déformés soient ses "fils". Il veillerait alors sur eux. Olofin accepta la requête d'Obbatalá. Ce dernier promit également qu'il ne boirait jamais plus vu ce qu'il avait fait à ces pauvres êtres.

La naissance d'Ejiogbe, patakí sur Obbatalá Orishanlá

Le vin de palme était interdit à Obbatalá Orishanlá et le sel, à son épouse, Afin. La grossesse d'Afin ne calmait pas la tension qui existait dans le couple. Plus l'accouchement approchait, plus elle devenait agressive. Arriva enfin la naissance d'un garçon. Peu de temps après, Obbatalá Orishanlá se rendit compte qu'il n'y avait pas de nourriture dans la maison pour alimenter la mère de son enfant. Il alla rapidement à la ferme pour récolter de l'igname, du gombo (quimbombó) et des légumes. Il prit un peu de retard au retour, ce qui rendit furieuse son épouse. Elle commença à se plaindre du fait qu'il l'aie laissée sans manger le jour même de son accouchement, signe qu'il n'avait aucun sentiment d'amour pour elle. Elle jugea qu'il était tant de mettre un terme à son mariage. Pour cela, elle décida de tuer son mari en versant du vin de palme, qui lui était interdit, dans sa marmite d'eau. Ayant fait cela, elle laissa son enfant, à peine âgé d'un jour, dans son lit et s'en fut pour rendre visite à ses voisins.

Entre temps, Obbatalá Orishanlá était rentré et commençait à préparer le repas pour son épouse. Pendant que l'igname chauffait, il alla chercher de l'eau avec son conteneur habituel, une carapace d'escargot, sans savoir qu'elle était empoisonnée. Sur le point de boire l'eau, il entendit son fils dire : "Père, ne bois pas cette eau parce que ma mère y a ajouté du vin de palme". Bien que surpris par le fait qu'un enfant d'un jour puisse parler, il suivit son conseil. Il termina son repas et, par geste de représailles, mis du sel dans la soupe, sachant que cela représentait un poison pour Afin. Après avoir rangé la nourriture, il s'en alla pour jouer une partie d'ayo avec ses amis. Son épouse rentra pendant son absence. Elle découvrit la nourriture et, juste au moment où elle allait la manger, son fils parla de nouveau : "Mère, ne mange pas ceci parce que mon père a salé la soupe". Immédiatement, elle devint hystérique et cria à ses voisins que son mari avait essayé de la tuer car elle avait donné naissance à un enfant. Ses cris attirèrent les curiosités des maisons voisines.

Peu après, une réunion fut convoquée entre toutes les divinités dans la maison d'Obbatalá Orishanlá, dans la pièce même dans laquelle il jouait à l'ayo. Il resta calme en toute circonstances. Ce fut Oggún qui dirigea l'assemblée puisque le président traditionnel, Obbatalá Orishanlá, était sur le banc des accusés. Oggún demanda à Afin de décrire ce qui s'était passé. Elle raconta que son époux avait salé sa nourriture, ce qui lui était interdit. Elle fut interrogée pour savoir comment elle avait appris cela et ce qui lui permettait d'assurer que cela venait de son mari. Elle précisa alors que l'information venait de son enfant né un jour auparavant. Tous la pensèrent folle et personne ne la crut.

Obbatalá Orishanlá fut invité à se défendre de ces accusations et, contrairement à ce qui était attendu, confirma avoir salé la soupe de son épouse. Il ajouta cependant que c'était une manière de la punir du geste qu'elle avait effectué le jour même à son encontre. Il l'accusa donc d'avoir versé du vin de palme dans son eau sachant, comme tout le monde, que cela ne lui était pas autorisé. Il lui fut demandé d'apporter des preuves et lui aussi répondit que son enfant avait été témoin de la scène et l'avait averti du danger encouru.

Tous se tournèrent vers le mystérieux enfant. Sans que cela aie été demandé, ce dernier apporta tous les éléments qui manquait pour comprendre toute l'histoire car il dit : "Je suis venu sur Terre pour sauver la vie de mes géniteurs et c'est pour cela que j'ai conseillé chacun d'entre eux afin de les protéger d'une destruction mutuelle". Par conséquent, 7 jours plus tard, ses parents lui donnèrent le nom d'Ejiogbe ou "Double salut".

Autre patakí

Au début, quand Oloddumare descendit sur Terre, il fut accompagné de son fils Obbatalá. Sous les cieux, il n'y avait que de l'eau. Oloddumare remit à Obbatalá une poignée de terre dans la coquille d'une limace et une poule. Obbatalá forma un monticule de terre au milieu de la mer. Dessus, il y plaça la poule. Dans son ascension vers le sommet, elle éparpilla la terre, formant le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Puis, Olofin créa les Hommes mais il oublia de leur donner une tête, leur enlevant la possibilité de s'orienter. Olorún chargea alors Oduduwa de les doter d'une tête. Cependant, ce dernier ne leur dessina qu'un seul œil placé au milieu du front. Iba-Ibo dut alors venir pour mettre les yeux à la place actuelle et leur créer une bouche et leur donner la voix et les mots.

Une fois l'œuvre terminée, Olorún souffla la vie sur les Hommes et leur cœur se mit à battre. Il est dit qu'Olofin aurait alors prononcé la phrase suivante : "Ici réside mon omo (fils), mon héritier, Ologún, le monde, pour que tous le respectent et lui obéissent. Que tous fassent odubade. C'est donc Obbatalá, au travers d'Olorún, qui est le sculpteur de l'être humain.

Ses attributs

Obbatalá est représenté comme étant une personne âgée, recroquevillée et tremblante dont les mouvements sont lents. Il s’appuie sur sa canne en métal blanc pour marcher au plus haut des montagnes, sur les sommets enneigés. Il est, dans certains cas, également décrit comme un jeune homme adroit qui monte un cheval.

Sa couleur est le blanc. Obbatalá est toujours vêtu de blanc. Des soleils et des lunes sont des fois cousus sur ses habits. Il porte un brassard en argent ou de métal argenté. Dans ses caminos guerriers, il arbore une bande rouge en bandoulière sur le torse. Autour de la taille, sa ceinture est composée de 8 foulards blancs. Il porte sur la tête une couronne faite de 16 plumes blanches de perroquet. Son collier (eleke) se compose de perles blanches. Dans certains cas, sont intercallées quelques perles de la couleur correpsondant au camino. Par exemple, pour Obbatalá Ayágguna, Obbatalá Oshagriñan et Obbatalá Oshalufón, on insère une perle rouge toutes les 24 perles blanches. Il est aussi possible d’y placer des escargots. Pour Obbatalá Obá Moró, ces perles ne sont pas rouges mais violettes. Pour Obbatalá Oshanlá, une perle ivoire ou nacre est intercallée toutes les 16 perles blanches. Pour Obbatalá Alaguema, les perles blanches sont mélangées avec des perles vertes.

Ses attributs de pouvoir sont un sceptre (opayé, poayé ou puayé) ou un bâton de commandement (opa) qui est un symbole de suprématie et de pouvoir et non un accessoire lié à la vieillesse, un bracelet d’argent et un iruké blanc, sorte de fouet en crin de cheval dont le manche est orné de perles blanches parfois combinées avec des perles rouges, qui lui sert à se purifier ainsi que le monde qui l’entoure. Ses principaux attributs sont tout objet de couleur blanche, en argent ou en métal argenté. Par exemple, on trouve des bracelets argentés (souvent au nombre de 2, 4, 6, 8 ou 16), des colombes en métal, une agogó (cloche) argentée, une chaîne, un abebé (éventail décoré de perles blanches) ou une main qui tient un sceptre. Cela peut aussi être une baguette de commandement, un serpent, 2 œufs en ivoire, un soleil, une pleine lune, une demi-lune, 8 ou 16 okotós (limaces) ou des escargots (igbín). Généralement, ses objets sont enveloppés de cotton.

On lui sacrifie par immolation des chèvres blanches, des colombes blanches, des poules blanches, des faisans blancs, des serpents et des limaces. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont tout aliment de couleur blanche et sans sel comme du riz blanc non salé qui peut être accompagné de lait et de beurre de cacao, des galettes de haricots rouges pelés, moulus et cuisinés sans sel déposés sur des feuilles de bananes, du lait, de la champola (soda à base de corossol ou autre fruit et de lait), de la noix de coco, de la meringue ou du riz au lait. On peut aussi lui offir du maïs grillé, du millet, des petites boules d’igname ou de malanga (sorte de topinambour), des fruits à surface granuleuse (grenade, sapotille, corossol, anone), des escargots, des limaces, des dragées argentées ou des fleurs blanches dont en particulier la fleur de cotton. Tout ce qu’on lui donne doit être assaisonné d’efún (poudre de coquille d’œuf et de chaux) et d’orí (beure de cacaco). Il ne faut surtout pas lui donner de crabe, d’haricots ou d’huile de palme et il ne boit absolument jamais de boisson alcoolisée. Ses « fils » ne sont pas non plus autorisés à consommer ces produits.

Les plantes (ewes) associées à Obbatalá sont :

Ewes
  • Acabo de sierra ou Acabo de tierra (Ilex montana) ;
  • Acacia (Gliricidia sepium) ;
  • Achicoria (Leptilon pusillum) ;
  • Achiote ou Achiole (Sloanea curatellifolia) ;
  • Agapanto ;
  • Agracejo (Gossypiospermun eriophorus) ;
  • Aguinaldo blanco (Rivea corymbosa) ;
  • Alacrancillo (Heliotropium indicum) ;
  • Albahaca anisada (Ocimum basilicum anisatum) ;
  • Algodón (Gossypium barbadense) ;
  • Almendrillo ;
  • Almendro (Terminalia catappa) ;
  • Altea (Hibiscus syriacus) ;
  • Anón (Annona squamosa) ;
  • Árbol de la bibijagua ;
  • Árbol de la cera ;
  • Árbol de la vida (Pera humehifoli) ;
  • Árbol del cuerno ;
  • Aroma blanca (Leucaena glauca) ;
  • Arroz (Oryza sativa) ;
  • Artemisa ou Altamisa (Ambrosia artemisiifolia) ;
  • Artemisilla (Parthenium hysterophorus) ;
  • Atiponlá blanco [Tostón] (Boerhavia caribaea) ;
  • Atípole ;
  • Azafrán (Carthamus tinctorius) ;
  • Azucena (Polianthes tuberosa) ;
  • Ballate ou Bayate ;
  • Bayoneta ou Peregún (Yucca gloriosa) ;
  • Bejuco de cruz (Hippocratea volubilis) ;
  • Bejuco de la virgen (Cissus sicyoides ou Cassia chryssocarpa) ;
  • Bejuco pelador ;
  • Bejuco ubí (Cissus sicyoides) ;
  • Belladona (Kalanchoe brasiliensis) ;
  • Bledo blanco (Amaranthus viridis) ;
  • Bledo de clavo (Amaranthus polygonoides) ;
  • Campana blanca (Datura arborea ou Datura suaveolens) ;
  • Caña santa (Costus spicatus) ;
  • Canutillo blanco (Commelina elegans et Commelina longicaulis) ;
  • Cardo santo (Argemone mexicana) ;
  • Cebolla (Allium cepa) ;
  • Celosa ;
  • Celosa cimarrona (Duranta repens) ;
  • Chirimoya (Annona cherimola ou Annona reticulata) ;
  • Coco ;
  • Coquito africano ;
  • Cojate ou Colonia (Alpinia aromática) ;
  • Coralillo blanco (Porana paniculata) ;
  • Diamela (Jasminum sambac) ;
  • Don chayo [Chayo] (Jatropha urens) ;
  • Estefanote (Stephanotis floribunda) ;
  • Estropajo (Luffa luffa) ;
  • Eucalipto (Eucalyptus resinifera) ;
  • Extraña rosa (Callistephus hortensis) ;
  • Flor de agua (Nymphaea ampla ou Eichornia azurea) ;
  • Flor de mármol (Sedum monregalense) ;
  • Flor de mayo (Laelia anceps) ;
  • Fosforito ;
  • Frescura (Pilea microphylla) ;
  • Fruta del pan (Artocarpus altilis) ;
  • Galán de día (Cestrum diurnum) ;
  • Galán de noche (Cestrum nocturnum) ;
  • Granada (Punica granatum) ;
  • Guanábana (Annona muricata) ;
  • Guanabanilla (Curatea cubensis) ;
  • Güira (Crescentia cujete) ;
  • Hiedra (Ficus pumila) ;
  • Higuereta blanca [Higuereta] (Ricinus communis minor) ;
  • Humo (Pithecolobium ovovale) ;
  • Incienso (Artemisa abrotamum) ;
  • Jasmín de la tierra (Jasminum grandiflorum) ;
  • Jicama (Calopogonium caeruleum) ;
  • Lengua de las mujeres (Pilea nummulariifolia) ;
  • Llantén (Plantago major) ;
  • Lirio ;
  • Maboa (Cameria latifolia) ;
  • Maíz (Zea mays) ;
  • Malva blanca (Waltheria americana) ;
  • Mango macho (Mangifera indica) ;
  • Manto de la virgen (Coleus blumei) ;
  • Maravilla (Mirabilis jalapa) ;
  • Mejorana (Majorana hortensis ou Origanum majorana) ;
  • Millo (Sorghum vulgare ou Holcus sorghum) ;
  • Ofón ;
  • Palo bobo ;
  • Palo guitarra (Citharexylum caudatum) ;
  • Paraíso (Melia azederach) ;
  • Paraíso blanco (Moringa oleifera) ;
  • Piña blanca ;
  • Piñón botija (Jatropha curcas ou Curcas curcas) ;
  • Pira blanca (Ananas ananas) ;
  • Prodigiosa (Bryophyllum pinnatum) ;
  • Quita maldición de espinas ;
  • Remolacha (Beta vulgaris) ;
  • Romerillo blanco (Bidens pilosa) ;
  • Salvia de Castilla (Salvia officinalis) ;
  • Saúco blanco (Sambucus canadensis) ;
  • Seso vegetal (Blighia sapida) ;
  • Tamarindo (Tamarindus indica) ;
  • Toronja (Citrus paradisi) ;
  • Trébol (Trifolium repens) ;
  • Túatúa ou Túba túba (Jatropha gossypiifolia) ;
  • Tuna (Euphorbia lactea) ;
  • Varita de San José (Althea rosea) ;
  • Vencedor (Zanthoxylum pistacifolium) ;
  • Verdolaga Blanca (Portulaca Oleracea ou Talinum paniculatum) ;
  • Vicaria, Purísima blanca ou Purísima morada (Vinca rosea) ;
  • Vinagrillo (Oxalis violacea) ;
  • Yagruma (Cecropia peltata) ;
  • Yedra (Auredera spicata) ;
  • Yerba fina (Cynodon dactylon) ;
  • Yerba lechosa.
Réceptacle pour Obbatalá
Réceptacle pour Obbatalá

Pour invoquer Obbatalá, on utilise une soupière qui peut être d’argent, d’un métal argenté ou de petits carrés de couleur blanche. Comme il vit dans les lieux obscurs et protégés de la lumière, son réceptacle est placé en hauteur et on le couvre d’un foulard. Sa soupière est accompagnée de 4 ou, dans certains cas, 8 pierres trouvées dans les collines (otás ou okés). Ces pierres ne doivent pas être exposées au soleil, à l’air libre ou à la belle étoile.

Quand il n’est pas possible de définir quel est l’Orisha, l’ange gardien, d’un individu, on lui attribue Obbatalá. Les sacerdotes d’Obbatalá sont appelés Ochabí.

Si un Orisha ne se calme pas, un fidèle doit se placer devant l’image d’Obbatalá et l’invoquer pour lui demander le calme et la paix. Obbatalá parvient même à apaiser Changó et Oggún.

On le salue en s’allongeant, le visage face au sol et les bras collés au corps, tout en prononçant la formule suivante : ¡Jekúa Babá!

Ses chiffres sont le 8 et ses multiples. Son jour est le jeudi. Son jour saint est le 24 septembre.

Syncrétisme

Obbatalá est associé à la Virgen de la Merced ou Nuestra Señora de las Mercedes (Notre Dame de la Miséricorde), patronne de Barcelone. À Cuba, son côté androgyne fait qu’il est aussi associé au Santísimo Sacramento.

Quand l’Espagne était sous le joug arabe, des groupes de chrétiens tentaient de sauver les captifs qui languissaient dans les prisons sarrasines. Une légende raconte que San Pedro Nolasco fut témoin d’une apparition de la Virgen de la Merced qui le pressa de mettre en place un ordre religieux dont l’objectif fut d’obtenir le rachat des chrétiens captifs. Autant San Raymundo de Peñafort que Jaime I, roi d’Aragon, eurent cette même inspiration. Ainsi, d’un commun accord, il fondirent le 10 août 1218 l’Orden de la Redención de los Cautivos (Ordre de Rédemption des Captifs) sous la protection de la Vierge qu’ils nommèrent Santa María de las Mercedes.

Les chants

Rezo a capella pour invoquer Obbatalá (par T.D. Fabelo)

Obbatalá, olfuro lo orere
Okañeñé ilé dibó
Obbatalá ilé infó motigua
Iyiborere motibá
Babalú Ayé, montiguá, eyeguá uo
Olo oyú kan, elef-fé kan
Igúo loro
Igúo loro
Igúo loro
Eyaguó uo
Eyaguo sé
Eyaguo sé
Eyaguo sé
Moko-sun oguó
Moko-sun oguó
Omo-ba Ibó
Moko-sun ona
Moko-sun Ilé
Moko-sun ona

Suivi du salut suivant

Baba erú ayé Obbatalá erú ayé
Obbatalá erú ayé m'oguá yé
M'oguá Oggún aché babá
Aché yeyé jekuá babá

Les toques

Durant l’oru seco, on lui dédie un toque qui contient 6 rythmes :

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a consacré un disque à Obbatalá intitulé Orisha Aye - Obatala.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

Obbatalá :

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