L’ère Fidel Castro

Le 1er janvier 1959, les forces révolutionnaires (aussi appelées les barbudos, les barbus) prennent le contrôle de la Havane, sous la direction de ‘Che’ Guevara et Camilo Cienfuegos Gorriarán. À Santiago de Cuba, Fidel Castro prononce un discours de victoire. Manuel Urrutia Lleó, juge conservateur et anti-communiste convaincu qui a défendu la cause des combattants de l’assaut de la Moncada, est installé président du gouvernement révolutionnaire et José Miró Cardona, premier ministre. Fidel Castro arrive à la Havane le 7 janvier et prononce un grand discours en faveur de l’unité révolutionnaire. Le même jour, le gouvernement américain reconnaît officiellement le nouveau gouvernement cubain. Les hommes de main et les anciens policiers du régime de Fulgencio Batista sont exécutés par des brigades armées. Le 23 janvier, le colonel Jesús Sosa Blanco est condamné à mort devant une foule de 18.000 spectateurs. L’ancien capitaine Pedro Morejon est condamné à mort à la Havane. Le 7 février, la constitution de 1940 est rétablie. Le 16 février, Fidel Castro remplace José Miró Cardona qui a démissionné de son poste de premier ministre.

Le 3 mars 1959, le gouvernement révolutionnaire nationalise la compagnie de téléphone et réduit le tarif des appels. Le 6 mars, il demande de l’aide à l’association des banquiers de Cuba. Le lendemain, la Ley de alquileres baisse les loyers de 50%. Le 22 mars, dans un meeting pour la Confederación de trabajadores de Cuba, Fidel Castro prononce un discours anti-américain et isolationniste bien qu’entre le 15 et 26 avril, il se rende aux États-Unis afin d’expliquer la révolution qu’il est en train de mener. Il est alors reçu par Richard Milhous Nixon car Dwight David Eisenhower refuse l’entretien. Il dit ne pas désirer s’orienter vers le communisme et souhaiter garder des relations cordiales avec ses voisins. Le 2 mai, Fidel Castro assiste à la réunion des pays d’Amérique latine et réclame 30.000 millions de dollars d’aide en 10 ans pour la croissance du contient. En même temps, Cuba et les USA signent un accord d’aide au développement. Manuel Urrutia Lleó prononce un discours anti-communiste le 8 juin. Fidel Castro critique les déclarations du président. Le 17 mai, la première réforme agraire est menée. Elle limite la taille des exploitations et les paysans commencent à récupérer leurs terres grâce à l’expatriation des grands propriétaires. Le 16 juillet, Fidel Castro démissionne et force la chute de Manuel Urrutia Lleó. Osvaldo Dorticós Torrado le remplace le lendemain. Fidel Castro redevient premier ministre.

En juin 1959, ‘Che’ Guevara crée le premier contact officiel avec l’Union Soviétique. En septembre, il se rend également en Asie, en Afrique et en Yougoslavie. Le 15 octobre, Raúl Castro est nommé Ministre de la Défense. Le 19 octobre, Huber Matos Benítez démissionne pour dénoncer la montée de l’influence du communisme dans le processus révolutionnaire. Il est arrêté pour trahison et condamné à 20 ans de prison. Le 26 octobre, les Milicias Nacionales Revolucionarias sont créées pour défendre l’île contre toute menace d’agression militaire venant des États-Unis et pour protéger certaines cibles stratégiques contre les actions de groupes terroristes basés à Cuba comme aux USA.

L’année 1960 est une année ponctuée de diverses décisions politiques fortes qui vont tendre les relations entre Cuba et les USA. Le 19 janvier, le journal Avance est nationalisé. Dwight David Eisenhower prononce un discours conciliant envers Cuba le 26 janvier avec qui une médiation est entreprise par l’ambassadeur argentin Julio Amoedo à la Havane. Le 5 février, Alberto Muller crée le Directorio Estudiantil Revolucionario. Le 6 février, le vice-premier ministre soviétique Anastase Ivanovitch Mikoyan se rend à la Havane. L’Union Soviétique s’engage à acheter 5 millions de tonnes de sucre sur 5 ans, à fournir Cuba en matières premières (pétrole brut, produits pétroliers, blé, fer) et machines et à lui accorder un crédit de 100 millions de dollars à 2,5% d’intérêt. Le 24 février, le journal El país est nationalisé. Le 29 février, le gouvernement cubain demande aux USA de ne pas prendre de décision unilatérale contre son économie tant qu’il y a des discussions entre les 2 pays. Le 3 mars, Cuba signe un accord économique avec la République Démocratique Allemande. Le 4 mars, le cargo français La courbe qui transporte des armes en provenance de Belgique explose dans le port de la Havane. Fidel Castro accuse les services secrets américains de sabotage. Le ton monte entre Cuba et les États-Unis. Le 9 mars, le journal El mundo est nationalisé. Le 17 mars, Dwight David Eisenhower approuve un plan d’action contre Cuba : fin de l’achat de sucre cubain, fin des livraisons de pétrole vers l’île, poursuite de l’embargo sur les armes et mise en place à Miami et au Guatemala d’une force paramilitaire composée d’exilés cubains. Le 31 mars, les radios et la télévision CMQ sont nationalisées. Toutes les émissions sont regroupées sous le Frente Independiente de Emisoras Libres. Apprenant la mise en place par les USA d’une troupe d’opposants au Guatemala, Cuba suspend ses relations avec ce pays. À New York se créent le Fair Play for Cuba Commitee sous la direction de Waldo Frank et Carlton Beals. Ce groupe activiste apporte un support à la révolution cubaine contre les attaques des États-Unis. Le 1er mai, les démocrates anti-castristes s’allient avec le Frente Revolucionario Democrático. Le 8 mai, Cuba engage des relations diplomatiques avec l’Union Soviétique. Le 16 mai, c’est avec la Tchécoslovaquie. Le même jour, le journal Prensa libre est nationalisé. Le 17 mai, la radio Radio Swan de propagande anti-castriste est lancée par la CIA américaine. Elle est relayée sur l’île par des stations clandestines financées par l’agence elle-même. Au même moment, Cuba demande aux entreprise américaines et britanniques de raffiner du pétrole soviétique. Le 7 juin, Cuba reçoit un refus de Shell, Esso et Texaco. De plus, sous la pression américaine, elles refusent de vendre du pétrole à l’île voisine. Le 10 juin, la Tchécoslovaquie concède un crédit de 20 millions de dollars à Cuba. Le 12 juin, les propriétaires américains du Hilton et du Nacional de la Havane sont expropriés sans compensation. Il en est de même avec les entreprises pétrolières Texaco (29 juin), Esso et Shell (1er juillet). En réponse, les USA déclenchent les sanctions économiques appelées Sugar Act, qui suspend leurs achats de sucre. Cuba réplique en nationalisant toute entreprise américaine d’intérêt national. Le 8 juillet, l’Union Soviétique propose de racheter tout le sucre non-vendu aux USA, soit 700.000 tonnes sous prétexte de défendre l’île contre « les forces agressives de Washington ». Cuba est avant tout un allié stratégique, au sein du contient américain, dans la confrontation américano-soviétique qui a lieu durant la guerre froide. L’URSS profite de cette opportunité pour s’introduire dans la région de Caraïbes, longtemps domaine réservé de l’influence américaine. Le 18 juillet, les journaux Bohemia et Carteles y vanidades sont nationalisés. Le 23 juillet, c’est au tour de la Chine de proposer d’acheter 500.000 tonnes de sucre par à Cuba durant 5 ans. Ceci constitue le premier accord commercial entre les 2 pays.

Le 16 août 1960, Blas Roca Calderio, secrétaire général du Partido Socialista Popular confirme que la révolution n’est pas communiste mais qu’elle en prend le chemin. Le 27 août est créé l’Instituto Cubano del Petróleo pour contrôler les entreprises pétrolières confisquées aux USA. L’administration des États-Unis exerce une pression politique sur certains pays de l’Amérique latine. Ainsi, le 29 août, les pays membres de l’OEA (Organisation des États américains) condamnent l’intervention et l’ingérence cubaine sur les intérêts extra-continentaux. Fidel Castro répond avec la Primera Declaración de la Habana dans laquelle il sa volonté de maintenir des relations avec tous les pays du bloc communiste. Le 8 septembre, une tentative d’opération de guérilla voit le jour dans la Sierra del Escambray. Le 13 septembre, les USA annoncent la mise en place d’un embargo commercial vers l’île voisine. Le 15 septembre, Fidel Castro assiste à la 15ème assemblée des Nations-Unies à New York. Il y accuse le président Dwight David Eisenhower de nuire à la révolution. Le même jour, Cuba signe un accord commercial avec la Hongrie qui lui accorde un crédit de 8 millions de dollar à rembourser sur 5 ans. Le 15 septembre, 16 fabriques de cigares, 14 usines de cigarettes et 20 entrepôts de tabac sont nationalisées. Le lendemain, ce sont les banques américaines, dont First National City Bank of New York, First National Bank of Boston ou Chase Manhattan Bank. Le 28 septembre, les Comités de Defensa de la Revolución sont créés dans tous les quartiers, les entreprises, les bureaux. Ces organismes de contrôle et de vigilance révolutionnaire offrent une fonction sanitaire et sociale en plus de fournir des services paramilitaires et policiers de surveillance diurne et nocturne.

Le 6 octobre 1960, des syndicats du secteur électrique sont licenciés à cause de leur attitude anti-communiste. Le lendemain, Cuba signe un traité commercial avec la Bulgarie. Le jour d’après, des relations diplomatiques se nouent avec ce pays. Le 13 octobre, la loi 890 prend effet et 382 industries (plantations sucrières, banques, grandes compagnies…) sont nationalisées. La loi 891 nationaliste quant à elle tout le système bancaire cubain et vers l’étranger. Le 19 octobre, les USA répondent par un embargo commercial interdisant les exportations américaines vers Cuba, qui exclut toutefois les médicaments et quelques aliments. Le 24 novembre, Cuba réplique en nationalisant 166 entreprises de plus. Le 26 octobre, Cuba établit des relations diplomatiques avec la Roumanie. Le 28 octobre, les États-Unis demandent à l’OEA d’enquêter sur l’envoi d’armes soviétiques vers Cuba. Le journal guatémaltèque La hora dévoile l’existence d’un projet de débarquement depuis le Guatemala pour faire tomber Fidel Castro. Le 18 novembre, le porte-parole du gouvernement américain dénonce l’envoi massif d’armes soviétiques vers Cuba depuis le mois de juillet 1960. Le 30 novembre, la Chine offre un crédit de 70 millions de dollar à Cuba et officialise l’achat d’un million de tonnes de sucre.

Le 1er décembre 1960, des employés du secteur électrique effectuent une marche de protestation. Fidel Castro fait un discours indiquant qu’il a toujours été communiste. Le lendemain, Cuba établit des relations diplomatiques avec la République Démocratique du Viétnam. Le 6 décembre, 81 partis communistes moscovites se déclarent favorable à la révolution cubaine. Des relations diplomatiques se nouent avec la Mongolie (7 décembre) et avec l’Albanie (15 décembre). Le 16 décembre, les USA suppriment totalement la quote-part de sucre cubain pour les 3 premiers mois de 1961. Le 17 décembre, Cuba et la Hongrie mettent en place des relations diplomatiques. Le 23 décembre, toute la presse privée est nationalisée. Le 30 décembre, Cuba rompt ses relations avec le Pérou. À la fin de l’année 1960, le capitalisme est pratiquement éliminé sur l’île. Les entreprises les plus importantes ont été nationalisées, les conservateurs et les anti-communistes ne font plus partie du gouvernement révolutionnaire et il existe un début d’alliance avec l’Union Soviétique et les pays de l’Est.

L’année 1961 est décrétée « année de l’éducation » et dès le 1er janvier, une campagne d’alphabétisation est mise en place dans tout le pays. Durant cette année, les relations avec les États-Unis se dégradent et Cuba multiplie les rapprochements vers les pays du bloc de l’Est. Le 2 janvier, Cuba dénonce la préparation d’un débarquement américain au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le même jour, au cours d’une parade à la Havane, le gouvernement dévoile l’étendue de son armement fourni par le bloc soviétique. Le lendemain, les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba. Au mois de janvier et février, une première vague de « nettoyage », dirigée par Raúl Menéndez Tomassevich, est lancée dans la Sierra de l’Escambray. Le 4 janvier, une loi permet de fusiller sous 72 heures une personne accusée de sabotage ou de subversion. Le 16 janvier, Cuba et l’Albanie signent un accord commercial. Le 1er février, Fidel Castro loue les qualités du communisme dans l’Unita, un journal italien. Le 12 février, il déclare qu’il veut promouvoir la révolution anti-capitaliste en Amérique latine. Le 23 février, ‘Che’ Guevara est nommé ministre de l’industrie. Le 9 mars, les États-Unis font pression sur le Salvador : pour bénéficier de plusieurs prêts, le pays doit rompre ses relations diplomatiques avec Cuba.

En mars 1961, une série d’arrestations et d’exécutions permet de contenir l’opposition armée : William Alexander Morgan (exécuté le 11 mars), Jesús Carreras Zayas (exécuté le 11 mars), Humberto Sorí Marín (arrêté le 18 mars), Manuel Lorenzo Puig (arrêté le 18 mars) ou Rogelio González Corso (arrêté le 18 mars). Le 22 mars, l’organisation anti-castriste Frente Revolucionario Democrático devient la Junta Revolucionaria Cubana en absorbant divers groupes d’opposants au gouvernement révolutionnaire, exilés aux USA, comme le Movimiento Revolucionario del Pueblo de Manuel Ray. José Miró Cardona est élu président du Consejo Revolucionario Cubano, conseil abrité par la Junta Revolucionaria Cubana. En mars, le nombre de sabotage augmente fortement. Le 29 mars, l’armée cubaine arrête l’agent de la CIA Carlos Antonio ‘El Gallego’ Rodríguez Cabo, accusé de plusieurs actions terroristes. Le 31 mars, le nouveau président américain, John Fitzgerald Kennedy supprime totalement la quote-part de sucre cubain sur le marché nord-américain pour l’année 1961. Le 3 avril, les écoles ferment pour qu’élèves et professeurs intègrent la campagne d’alphabétisation. En avril, plusieurs bombes éclatent à la Havane et détruisent des magasins ou des usines. Le 9 avril, le Consejo Revolucionario Cubano explique dans le New York times les motivations de leur lutte contre-révolutionnaire.

En mars 1961, les relations cubano-américaines sont très fortement tendues. Washington publie un livre blanc sur la démocratie à Cuba, lequel doit préparer l’opinion publique à accepter une future invasion. Le gouvernement révolutionnaire, de son côté, prépare la population mentalement et militairement à cette attaque. Le 15 avril 1961, les terrains d’aviation de la Havane, Pinar del Río et Santiago sont bombardés par des avions basés au Guatemala. 8 bombardiers B-26 de l’armée révolutionnaire sont détruits. Au cours de l’enterrement des victimes de cette attaque dans le cimetière Colón de la Havane, Fidel Castro proclame le caractère socialiste et marxiste de la révolution. Le 17 avril, un groupe de 1200 exilés cubaine nommé Brigada 2506, armé et financé par la CIA, débarque sur la Playa Girón ou Bahía Cochinos (Baie des Cochons). Après 3 jours de combat, l’armée contre-révolutionnaire dirigée par José Alfredo ‘Pepe San Román’ Pérez San Román est défaite. C’est une grande victoire pour Fidel Castro qui se présente un opposant sérieux contre l’impérialisme américain. Le 18 avril, le dirigeant de l’Union Soviétique Nikita Serguéyevich Jrushchov demande aux USA qu’ils cessent leur soutien pour la chute du gouvernement révolutionnaire. Le 19 avril, 10 contre-révolutionnaires sont exécutés dont Humberto Sorí Marín, Manuel Lorenzo Puig ou Rogelio González Corso. En avril, commence le second « nettoyage » de la Sierra del Escambray. Dans son discours du 1er mai, Fidel Castro déclare que Cuba est un pays socialiste. Il nationalise les centres d’enseignement privés et impose l’expulsion du clergé, considéré comme contre-révolutionnaire. Le 5 mai, le Conseil national de sécurité des États-Unis décide formellement pour que la politique américaine envers Cuba sera guidée par la recherche de la chute de Fidel Castro. Le 7 mai, le secrétaire général du Partido Socialista Popular Aníbal Escalante déclare que la révolution cubaine est entrée dans sa phase socialiste. Le lendemain, Fidel Castro se défend dans un discours de faire prévaloir les « idées communistes ».

Le 22 mai 1961, Fidel Catro annonce la création d’une organisation unitaire, composée des Organizaciones Revolucionarias Integradas (ORI), sous contrôle communiste. Aníbal Escalante est chargé de sa mise en place. Elle sera effective le 26 juillet et entraîne la disparition du Movimiento 26 de julio, du Directorio Revolucionario et du Partido Socialista Popular. Le 1er juin, Cuba signe un accord de collaboration technologique avec l’URSS. Le même jour, la République socialiste tchécoslovaque met en place un accord commercial de 80 millions de dollars avec l’île pour l’année en cours. Le 10 juin, Cuba et la Pologne s’entendent sur la construction de 2 chantiers navals. Le 14 juin, Fidel Castro met en place une rationalisation des graisses pour l’alimentation. En juillet, Cuba signifie son appartenance au « bloc socialiste ». Le 2 août, la législation du travail et la fonction des syndicats est modifiée pour se rapprocher du modèle des pays communistes. Le 16 août, la loi 962 est approuvée. Elle entraîne la création d’un syndicat national unique par banche industrielle ou activité économique. Le lendemain, la Conferencia de Punta del Este mise en place par l’OEA signe une nouvelle politique d’alliance pour le développement et le progrès de l’Amérique latine. Cuba ne la signe pas.

Du 1er au 6 septembre, le président Osvaldo Dorticós Torrado se rend à une conférence des pays non-alignés en Yougoslavie. Le 6 septembre, Fidel Castro annonce que les professeurs d’université ayant abandonné le pays se verront retirer leur citoyenneté et n’auront plus le droit de voyager à Cuba. Le 10 septembre, le Costa Rica rompt ses relations diplomatiques avec Cuba. Le 21 septembre, Osvaldo Dorticós Torrado signe un communiqué cubano-soviétique qui affirme la similitude de point de vue des 2 gouvernements. Le jour suivant, Cuba s’engage à fournir à l’URSS 4,8 millions de tonnes de pétrole à prix préférentiel. En même temps, le président cubain se rend en Tchécoslovaquie puis en Chine. Le 3 novembre, la Maison-Blanche dévoile le programme anti-castriste nommé operation mongoose (opération mangouste) ou the cuban project qui sera déclenché le 30 novembre. Les USA vont chercher à isoler Cuba économiquement afin de faire monter la contestation interne et affaiblir le gouvernement révolutionnaire. Le 11 novembre, le Vénézuela rompt ses relations diplomatiques avec Cuba. Le 2 décembre, Fidel Castro déclare durant un entretien télévisé qu’il s’est toujours senti marxiste et léniniste. Il annonce la création future du parti communiste de Cuba. Le 10 décembre, la Colombie rompt ses relations avec Cuba. Le 15 décembre, le Panamá fait de même.

L’année 1962 est placée sous le signe de la planification par le gouvernement révolutionnaire. L’île souhaite sortir de sa dépendance de l’industrie sucrière pour s’industrialiser rapidement. Le 13 janvier, Cuba et la Bulgarie prolongent d’une année l’accord commercial passé l’année précédente. Le 15 janvier, Cuba et la République Démocratique du Viétnam signent un accord commercial. Le 22 janvier, sous la pression des USA, Cuba est exclu de l’Organisation des États américains (OEA). Sa position marxiste et léniniste n’est pas compatible avec la politique mise en place par l’organisation et l’île est accusée d’avoir essayé de fomenter des rébellions au Vénézuela, au Guatemala et en Bolivie. Le 30 janvier, Cuba et la Corée du Nord signent un accord commercial. Le 3 février, Washington décrète le blocus économique total sur Cuba pour sanctionner le rapprochement entre Cuba et l’Union Soviétique. Le 4 février, Fidel Castro répond à l’exclusion de Cuba de l’OEA par un discours teinté de marxisme radical, la Segunda declaración de la Habana, qui appelle au soulèvement du peuple d’Amérique latine contre l’impérialisme américain. Le 8 février, l’Argentine rompt ses relations diplomatiques avec Cuba. Le 11 février, les médicaments sont rationalisés dans le pays. Le 13 février, Cuba et l’Allemagne de l’ouest signent un accord qui prévoit l’augmentation de 50% de leurs échanges commerciaux. Le 12 mars, les produits alimentaires et vestimentaires sont rationalisés. Le 17 mars, Fidel Castro dénonce publiquement Aníbal Escalante qui n’a installé que des membres de l’ancien Partido Socialista Popular aux postes clés des Organizaciones Revolucionarias Integradas. Le 23 mars, John Fitzgerald Kennedy étend l’embargo à tous les produits contenant du matériel cubain, même s’ils sont fait dans un autre pays. Le même jour, le Conseil de Sécurité des Nations Unies rejette la demande de Cuba d’estimer la légalité de l’expulsion du pays du système panaméricain. Le 27 mars, une crise éclate entre la direction de l’ex Partido Socialista Popular et Fidel Castro. Ce dernier reproche à Aníbal Escalante son sectarisme et son dogmatisme car il ne laisse pas de place aux autres acteurs de la révolution que ceux du Partido Socialista Popular. Aníbal Escalante est démis de ses fonctions et remplacé par Osvaldo Dorticós Torrado. Raúl Castro Ruz est nommé vice-premier ministre.

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