Reprise des relations diplomatiques

Le 11 mars 2011, Óscar Elías Biscet González, l’un des derniers prisonniers politiques du groupe des 75 dissidents condamnés en 2003, est libéré. En mars, le peso cubano convertible est dévalué de 8% afin d’être à parité avec le dollar américain, en rupture avec la politique monétaire menée depuis 6 ans par le gouvernement pour faire face à la crise économique. Suite aux décisions de l’année passée, le nombre de licences accordées aux commerçants exerçant pour leur propre compte augmente constamment. Les banques publiques locales sont habilitées à octroyer des prêts pour la création de petites entreprises privées, ainsi que des microcrédits aux agriculteurs. Près de 2 millions d’hectares de terrains vacants, propriété de l’État, sont cédés à environ cent quarante mille petits exploitants agricoles. En outre, ces derniers sont autorisés à délaisser les canaux de distribution publics inopérants pour commercialiser directement leurs produits.

Le 11 juillet 2012, Cuba reçoit son premier chargement de biens provenant des États-Unis depuis 50 ans, suite à une relaxation partielle de l’embargo pour les cargaisons humanitaires. Le 16 octobre, le gouvernement annonce la suppression du permis de sortie du territoire, permettant aux citoyens une plus grande liberté pour voyager à l’étranger. Le 25 octobre, l’ouragan Sandy de classe 3 frappe l’Oriente cubain et provoque de nombreux dégâts. Le 24 février 2013, Raúl Castro est élu à nouveau.

Le 17 décembre 2014, Cuba et les États-Unis annoncent conjointement leur intention de reprendre leurs relations diplomatiques. L’embargo est assoupli et les 2 pays libèrent quelques-uns de leurs prisonniers politiques. Ce rapprochement aboutit, le 29 mai 2015, au retrait de Cuba de la liste américaine des états soutenant le terrorisme. Le 30 juin 2015, un accord est trouvé pour le rétablissement de leurs relations diplomatiques et la réouverture d’ambassades. Le 20 juillet, les bâtiments qui abritaient jusqu’à présent les sections d’intérêts dans chaque capitale ont retrouvé automatiquement leur statut d’ambassade. Les employés ont été accrédités auprès de leurs ambassades et les chefs de mission deviennent chargés d’affaires, en attendant la nomination d’ambassadeurs. Ce moment historique est marqué par la réception du ministre des affaires étrangères cubain, Bruno Rodríguez Parrilla, par son homologue américain John Forbes Kerry. En septembre, même le pape François souligne cette amélioration des relations cubano-américaines avec un acte politique symbolique : il décide de commencer sa tournée américaine par une visite aux frères Fidel, à Cuba, suivie d’une rencontre avec Barack Obama, aux USA, pour encourager ce geste.

Bruno Rodríguez et John Kerry
Bruno Rodríguez et John Kerry

La normalisation des relations diplomatiques ne masque cependant pas les nombreux sujets de discorde encore à l’ordre du jour : levée de l’embargo américain, restitution de la base navale de Guantanamo, milliards de dollars d’indemnisation réclamés par les Américains expropriés de Cuba à la révolution ou extradition des fugitifs réfugiés à Cuba et recherchés par la justice américaine. Si Barack Obama s’est dit favorable à la fin de l’embargo, la majorité républicaine y est très hostile.

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