Les Gangás

Quelques données sur les Gangás

Les Gangás sont issus des ethnies africaines Longobá (Bongobá, Longowá, du Liberia), Quisi (Kisi, du Liberia), Bay (Bai, Vai, du Liberia), Mani (fleuve Mani ou Saint John qui délimite le Liberia et la Guinée française), Arriero, Golá (Iola, du Liberia), Pepel, Wolof (Iolof, Jolof), Bulom, Cono, Ebrié, Gbandi, Kru et Loma. Les Quisis, les Bays, les Manis et les Golás appartiennent au groupe linguistique des Mandés.

Les premiers cabildos de type gangá remontent au 18ème siècle à la Havane, à Matanzas et à Yaguajay. Leur pratique religieuse, à caractère familial, est centrée sur des pierres. Il n'y a pas de rite d'initiation. Lorsque l'un des membres gangás décède, on lui dédie 11 chants sur lesquels on danse en cercle autour du cercueil.

Aujourd'hui, il n'en existe plus. Seul un petit groupe Gangá Longobá survit à Perico (Matanzas).

L'apport Gangá à la musique cubaine est très difficile à estimer car il existe une relation très étroite entre les Gangás et les Congos. Ces 2 cultures se sont peut être mutuellement enrichies durant l'époque coloniale.

Ainsi, on trouve des références sur des Gangás Chumbá qui pratiquent à Colón (Matanzas) une danse appelée Congo portugués, accompagnée de tambours yuka, d'un quinto et d'une guataca. Fernando Ortiz décrit une danse, qui pourrait avoir influencé ou donné naissance au Maní, pratiquée dans les anciens cabildos gangás de Cienfuegos et de Pedro Betancourt. Dans ce dernier lieu, elle serait accompagnée de 2 tambours de Palo dont la peau est en cuir de bœuf et d'une guataca.

L'instrumentation

Selon Fernando Ortiz, le cabildo du quartier de Guanabacoa (Havane) joue des tambours bimembranophones. On trouve aussi ces instruments au sein du cabildo de Perico (Matanzas).

Le cabildo de Yaguajay utilise de petits tambours nommés jicos accompagnés de tambours unimembranophones cylindriques dont la peau est clouée appelés llamador, cerrador et golpeador. Ces derniers sont également utilisés pour jouer des Tajonas, des Jiribillas, des Columbias ou des Yambús, ce qui explique pourquoi divers musicologues considèrent la possibilité d'origines gangás dans la Rumba.

Le dernier groupe actif de Perico emploie des tambours bimembranophones taillés dans du bois d'avocatier. Leur peau en cuir de bœuf est attachée sur des bandes transversales au fût par des liens en chanvre. Les tambours sont posés horizontalement pour le jouer. La caja (tambour grave) et la mula (tambour médium) sont percutées sur un des côtés avec 2 baguettes. Le cachimbo (petit tambour) est joué avec une baguette et avec la paume de l'autre main. Cet ensemble est complété par des maracas et une campana (cloche). Ce conjunto accompagne les chants qui rythment les rituels qui rendent principalement hommage à Yebbe, Yebbé ou Yebé (San Lázaro) mais aussi à Gegua, Geguá ou Gewá (San Antonio), Nou (Oggún), Mercedes la Vieja ou Mercedes la China Anorgué, Oyá, Yeyé la Señora (Ochún), Mamba ou Mambá (divinité de la maison, Changó), Obbé, Obbe ou Obe (Yemayá), La Vieja (Obbatalá), Dada (Dadá) et Egún (dieu de la mort).

Les Gangás :

  • ESQUENAZI PÉREZ, Martha. Del areíto y otros sones. Editorial Letras Cubanas, 2001
  • MEJUTO, Margarita ; GUANCHE, Jesús. La cultura popular tradicional - Conceptos y términos básicos. 2008. Disponible sur ArchivoCubano
  • Lameca
  • OrishasPlace

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.