Yemayá

Présentation générale de Yemayá

Yemayá
Yemayá

Yemayá, Yemajá, Yemojá, Yemanjá, Yemowó ou la Sirena est un Orisha majeur, déesse des eaux saumâtres, des mers, des océans et de tout ce qui y vit à l'intérieur. Elle fait partie du groupe des Orishas cabecera avec Obbatalá, Changó et Ochún.

C'est dans le liquide amniotique, dans le ventre de la mère, symbolisé par la mer, que l'embryon se transforme et évolue durant 9 mois comme un poisson avant de se convertir en bébé humain. Ainsi, la mer est la source de la vie et Yemayá, qui en est la maîtresse, se révèle être l'Iyá Omo Aiyé, la mère universelle, mère de tous les "fils" de la Terre, quelque soit l'espèce vivante. Par extension, elle représente la fertilité, la maternité, la grossesse et l'utérus.

Yemayá apporte amour et tendresse envers ses "fils". Il est dit que lorsqu'une personne n'a pas de mère à qui parler, elle peut, soit aller s'asseoir au bord de la mer pour lui raconter ses soucis, soit allumer une bougie bleue pour l'appeler. À l'image de la mer quand on se beigne dedans, Yemayá embrasse et entoure ses "fils". Elle a un côté guerrier qu'elle n'hésite pas à utiliser pour défendre ses "fils".

Il est raconté que Yemayá est aussi ancienne qu'Obbatalá et tellement puissante qu'elle avait une hégémonie totale sur le monde. À cause de son caractère changeant comme la mer, elle perdit tout cela et il lui fut donné la surface des mers qui, par son mouvement et ses ondulations, représente le trait principal de son caractère. Yemayá donc est indomptable et rigoureuse, ses punitions sont sévères et dures quand elle donne une leçon et sa colère est terrible mais toujours juste. Elle est astucieuse et aime chasser, débroussailler et se servir de la machette. Elle est profonde et inconnue comme les mers et les lacs.

Yemayá représente également l'intelligence et le savoir. Elle est une excellent divinatrice. Elle donna à Orunmila les secrets des escargots (diloggún). C'est aussi une grande magicienne. On fait appel à elle pour tout problème lié à l'amour ou à l'argent.

Yemayá est la patronne des marins et des pêcheurs. Il est dit que quand ils partent en mer, elle les surveille. Cependant, quand ils lui manquent de respect, elle engendre d'énormes vagues qui frappent leurs navires et peuvent le renverser. Son domaine inclue un gigantesque cimetière qui est dû au grand nombre de personnes qui périssent en mer. C'est aussi la patronne des femmes et en particulier de celles qui portent un enfant. Elle est invoquée afin qu'une femme enceinte garantisse la sécurité de l'embryon. Durant l'accouchement, elle set à assurer que l'enfant naisse naturellement dans de bonnes conditions.

Yemayá protège des afflictions mortelles relatives au ventre des personnes et de toutes les maladies ou accidents liés avec l'eau (eau douce, eau salée, pluie ou humidité).

Dans la nature, elle est symbolisée par les vagues de la mer. Sa force destructrice est égale à la puissance des ces dernières. Par conséquent, elle est aussi la maîtresse de la lune car cet astre joue un rôle primordial dans le phénomène des marées. Il est même dit qu'elle naquit en même temps que la lune, comme Obbatalá en même temps que le soleil. Les métaux bleutés comme le nickel lui appartiennent. Les poissons sont ses messagers.

Son nom provient du mot Yoruba "Yemòjá" qui signifie "la mère des poissons" ("yeyé", mère et "eyá", poissons). Elle porte aussi les noms (caminos) de :

Caminos
  • Yemayá Asesú ou Yemayá Asésú, qui est la messagère et fille préférée d'Olokun. C'est la Yemayá des eaux sales et agitées. Elle vit dans les eaux marécageuses, les tuyaux, les latrines et les égouts. Elle se manifeste par l'écume qui se forme sur les côtes. Elle est très puissante. C'est la maîtresse des canards, des oies et des cygnes. Le canard symbolise la victoire de Yemayá Asesú sur ses ennemis. Sa couleurs est le bleu clair. Son collier est composé de perles bleues foncées et de perles opalines ou de savon. Elle est très sérieuse. Sa couronne est décorée de canards, de coqs, d'une clé, de 7 machettes, d'une bouée, de 2 adánes (bracelets), de lamantins, d'une ancre, d'une demi-lune, de 2 rames, d'un porc, d'une houe, d'un râteau, d'un cimeterre, d'une faucille et d'une pelle. Parmi ses attributs, on trouve un petit tambour, un petit bateau, un tourbillon et ses bracelets en argent. Elle se nourrit de canards et d'oies. Il est dit qu'elle reçoit ces sacrifices en compagnie des Eggúns (qui représentent l'esprit des morts). Son nom signifie "celle qui a la mémoire courte", à l'image des canards. On raconte que quand il lui est demandé quelque chose, elle commence d'abord par compter méticuleusement les plumes du canard qui lui été sacrifié et, si elle se trompe, elle recommence depuis le début. De fait, elle oublie ou met beaucoup de temps à répondre à une sollicitation. Son réceptacle est couvert d'une tête de mouton et de 2 masques. Celui-ci doit être placé dans une bassine remplie de sable et entourée de canards. Son ossain a une tête de canard au lieu d'une traditionnelle tête de coq. À Cuba, elle se syncrétise avec la Virgen de los Remedios ;
  • Yemayá Awoyó, qui est la plus âgée et la plus riche des Yemayás. Elle vit dans l'océan, éloignée des côtes. Elle représente l'étendue et la richesse de la mer. Elle s'habille des vêtements les plus luxueux. Lorsqu'elle sort se promener, elle se pare des décorations d'Olokun et se coiffe de la couronne arc-en-ciel d'Ochumaré, symbole de continuité ancestrale. Quand elle part en guerre pour défendre ses "fils", elle se pare de 7 jupons de différents tons de bleu. Elle se nourrit de moutons ;
  • Yemayá Akuará qui est la Yemayá des eaux douces et salées. Elle rencontre sa sœur Ochún à la confluence de la rivière et de la mer et vivent ensemble dans les eaux douces. Elle est joyeuse et aime les danses. Elle n'est pas très droite. Elle est connue pour soigner grâce à des remèdes qu'elle seule connaît. Elle se refuse à tout maléfice. Elle soigne les malades et prépare des remèdes. On fait appel à elle pour repousser les abikús (esprits qui investissent les petits enfants et qui provoquent leur mort jeune) ;
  • Yemayá Okuté, Yemayá Okunté, Yemayá Okutí, Yemayá Ogguté ou Yemayá Ogunté, dont le nom signifie "la dame bien-aimée de la rivière". Elle est aussi connue sous le nom de Yemayá Okuté Odofe Iyagba. Son nom complet est Yemayá Okunté Oggunasomi. C'est la créatrice de l'océan. Elle est considérée comme la concierge d'Olokun. On peut la rencontrer aussi bien dans la mer, dans les rivières, dans les lagunes que dans les montagnes mais elle vit dans les récifs du littoral. Certains disent qu'elle vit 6 mois dans les eaux et 6 mois sur les terres. Quand un énorme raz-de-marée s'écrase sur les terres, c'est Yemayá Okuté qui commence sa période terrestre de 6 mois, changeant et modelant le paysage. Elle est très travailleuse. C'est l'épouse d'Oggún Alagbede, le forgeron et dieu de la guerre. C'est une guerrière indomptable, une amazone terrible. De caractère violent et irascible, elle est aussi sévère et rancunière et aime le défi. Quand elle part en guerre, elle est armée de 2 machettes et porte une ceinture de mariwó (fibres de palme) sur laquelle sont accrochés un couteau et tous les outils d'Oggún. Elle connaît les voies de la sorcellerie car elle est sorcière et maîtrise le secret des herbes. Elle est experte dans la préparation de l'afoché (poudre d'ensorcellement). Son animal est la souris grâce à laquelle elle envoie des messages à ses "fils". Elle se transforme aussi en ce rongeur pour rendre leur rendre visite. Elle a alors peur des chiens, ce qui explique que ses "fils" ne doivent pas en avoir chez eux. Elle aime danser avec un majá (serpent) enroulé autour des bras. Sa couleur est le bleu pâle. Certains lui attribuent le bleu foncé et le rose voyant. Son collier est constitué de perles bleues et bleues outre-mer. Elle se nourrit de coqs aux côtés d'Oggún, c'est pour cela que les offrandes peuvent être rélisées dans la mer ou dans la manigua (terrain marécageux couvert d'une forêt sauvage). L'agután (mouton) l'enchante. Elle n'aime pas et ne mange pas de canard sauf dans certaines occasions très spéciales auquel cas, il faut lui offrir de manière particulière : on lui sacrifie le canard dans une bassine remplie d'eau de mer à laquelle on a ajouté de l'indigo et que l'on recouvre du couvercle de son réceptacle. Le sacrifice ne se fait jamais avec les otás (pierres) ou dans sa soupière. On peut en même temps sacrifier 2 coqs. Elle fume le cigare et boit de l'oti (eau de vie de canne). Outre les attributs traditionnels de Yemayá, elle a un bateau en bois peint de bleu et de blanc, un second en plomb, une enclume, un moulinet et une chaîne composée des 21 outils d'Oggún. Celle-ci se fixe autour du bateau dans le réceptacle de Yemayá Okuté. Elle aime les eaux froids donc ses "fils" préfèrent les mois d'hiver. De plus, pour obtenir une grande faveur de sa part, dans certaines cérémonies, de la glace est utilisée. Les perles d'huîtres et les coraux lui appartiennent. Les Ararás la nomment Okuadume, Akadume ou Ikondole ;
  • Yemayá Ibu Konlá, dont le nom signifie "celle qui construit les bateaux". Elle vit dans l'écume et le ressac de la mer, entourée de limon et d'algues marines. Elle est symbolisée par les hélices des bateaux. C'est une poète. Ses couleurs sont le bleu de Perse, le vert cristalin et le rouge. Son collier est constitué de 7 perles bleues de Prusse et 7 de couleur cacao. Sa couronne est faite de 7 bracelets, de 2 rames, de 2 pierres, d'une chaise, d'une plume, d'une hache double, d'une clé mâle, d'une machette et d'une main. Parmi ses attributs, on trouve des plumes, une boussole, un feuille et un encrier. On lui offre un châle en coton. Les Ararás la connaissent sous le nom de Kweboto ;
  • Yemayá Ashabá, Yemayá Achabá ou Yemayá Ayabá, première fille d'Olokun. Elle vient d'Ara Onú (le ciel). C'est l'une des plus anciennes Yemayás. Elle est d'une grande sagesse. C'est aussi la plus petite mais la plus respectée. Elle a aussi beaucoup de volonté et elle est très dangeureuse (plus encore qu'Oyá, reine du cimetière). Son air de grande dame lui donne un côté hautain. Elle fut l'épouse d'Orunmila. Elle a de bonnes capacités de divination, ce qui d'ailleurs mis fin à leur relation. Elle révèle l'inconnu et résoud l'impossible. Elle représente la femme qui cherche profondément à résoudre les problèmes, ignorant l'adversité, en le remontant jusqu'à en trouver la source. Elle est symbolisée par une ancre car son nom signifie "celle qui cherche refuge dans les ancres" et elle est souvent considérée comme la capitaine du bateau. Ses couleurs sont le bleu et le noir. Certains lui ajoutent des touches de vert, jaune, rouge ou blanc que lui aurait donné Orunmila. Son collier est fait de perles transparentes et de perles bleues clair. Elle porte une chaîne en argent autour de la cheville. En plus de ses attributs traditionnels, on lui attribue 7 hameçons, une sirène en argent, 3 poupées en porcelaine, une flèche en argent d'Ochosi, 7 machettes en argent, une épée et 7 boules de cristal. Son regard est insoutenable, c'est pour cela qu'elle se place de dos pour écouter ses "fils" et fidèles. Son réceptacle est entouré d'un chaîne. Yemayá Ashabá se nourrit de canards mais de manière spéciale : on place une bassine remplie d'eau de mer et d'indigo à côté de son réceptacle. Le canard est sacrifié sur le couvercle de ce dernier, mis au dessus de la bassine. Auparavant, l'animal doit avoir être nettoyé, rôti et placé au dessus du récpetacle pendant 7 jours avant le sacrifice. Les Ararás l'appellent Ewa Huga ou Itawollo ;
  • Yemayá Mayaleo ou Yemayá Mayalewo, qui vit dans les forêts de la montagne, dans une poche d'eau naturelle qui se remplit avec la marée ou dans une source dont la présence de cette Yemayá la rend inépuisable. Dans ce camino, elle est apparentée à sa sœur Ochún Ibú kolé parce qu'elle est aussi une sorcière. Elle a une étroite relation avec Oggún et Osaín. Elle est accompagnée d'une poupée qui joue le rôle de son Elegguá. On la nomme en fonction du lieu dans lequel on la rencontre et de ce qu'elle est en train de faire. Par exemple, quand on l'appelle Ibú Odo, on fait référence à celle qui est la maîtresse du bleu indigo, couleur du fond de la mer ;
  • Yemayá Mayelewó, Yemayá Mayeleó, Yemayá Malleleo ou Yemayá Mayelé, qui porte aussi le nom d'Okunjima. C'est la fille préférée de Burumu. Elle vit au milieu de la mer, là où se réunissent les 7 courants maritimes. Il est aussi dit qu'elle vit à l'entrée de la baie et que, avec l'aide de Yemayá Asesú, elle colora les eaux de l'océan et le ciel en bleu. Elle regarde les autres avec grand orgeuil, du coin de l'œil. Elle est un commerçante aguerrie, son nom signifie d'ailleurs "celle qui aime l'argent et les affaires". C'est cette Yemayá qui, au travers du milieu des affaires, fait naître les relations entre les Hommes. On raconte qu'elle distribua les couleurs à chaque santo (sain) à la demande d'Olofin. Elle a aussi une grande connaissance des herbes et des remèdes. Son collier est fait de 7 perles bleues claires et de 7 perles rayées de rouge et de blanc ou de 7 perles roses et de 7 perles bleues eau. Avec sa robe bleue, elle est vêtue d'une ceinture de 7 couleurs. Elle porte un masque et une couronne faite de tous les attributs d'Oggún comme la machette. Parmi ses attributs, on trouve une petite boîte dans laquelle elle garde tout l'argent qu'elle gagne en affaire, un pinceau, un juiro
    (calebasse évidée) dans laquelle elle garde ses peintures, un canard en plomb, une pile, un tourbillon, un serpent en argent, une chaîne avec 7 crochets, une roche de récif et un Osun. Son réceptacle doit être grand et se place dans un panier avec 21 assiettes. Cette corbeille est décorée de 9 rubans de couleur. Les Ararás la connaissent sous le nom d'Aganikoshe ;
  • Yemayá Yembó, Yemayá Yemú ou Yemayá Yemó, qui est la première, la plus ancienne Yemayá. Elle représente le calme de la mer. Beaucoup disent que ce camino est l'Oduduwa féminin. Tous les Orishas sont nés de Yemayá Yemú. Une histoire raconte qu'Oloddumare plaça en elle les différents Orishas afin qu'ils grandissent dans son ventre. Un jour, elle tomba près de la mer et ils sortirent tous de son corps. Elle a un pacte avec Changó et elle lui enseigna comment être un homme. Les animaux qui lui sont sacrifiés doivent être blancs et propres, et abbatus avec un couteau en bambou car elle eut des contentieux avec son fils Oggún qui est représenté par la machette. Son réceptacle est blanc ou bleu ;
  • Yemayá Ibú Okotó, dont le nom signifie "celle qui vit dans les coquillages". En effet, elle réside dans les fonds rougeâtres de la côte où l'on trouve beaucoup de coquillages. C'est un des aspects guerriers de Yemayá. On la trouve toujours là où le sang se répand dans la mer. Elle préside les batailles navales. C'est une mère fière qui n'hésite pas à éliminer toute personne qui tente de s'en prendre à ses enfants. En tout cas, il est dit que c'est une demoiselle bien que l'on ne puisse en réalité pas identifier son sexe puisqu'elle fait tout à la manière d'un homme. Ses couleurs sont le bleu foncé et le rouge sang. Elle s'habite de 9 couleurs, comme Oyá. Son collier est en corail. Parmi ses attributs, il y a un morceau de bateau victime de naufrage et un drapeau soit bleu, soit de pirate. Elle vit dans une jarre avec 7 grands coquillages marins. Dans celle-ci, on place 7 machettes, un drapeau de couleur bleue, une lance, une dague et 7 poignées d'escargots. Sur son réceptacle, on doit mettre un escargot cobo, 2 rames, 2 anneaux et 7 bracelets en argent. Les Ararás la nomment Dokuno, la grande amazone. Quand elle baja (apparaît dans une cérémonie qui l'invoque et prend possession d'un participant), elle feint de se poignarder, geste qui est censé signifier qu'elle cherche à colorer les eaux bleus du rouge de son sang ;
  • Yemayá Ibu Oleyo, qui vient des terres Ayatero. C'est la sœur de Yemayá Ibú Okoto. Elle se nourrit de cailles. Dans ce camino, elle s'habille de bleu clair ou de corail. Elle vit dans une jarre en argile avec 21 coquillages et 7 morceaux de bois de cèdre. Un cannot est placé sur ce réceptacle ;
  • Yemayá Ibú Elowo ou Yemayá Ibú Ilowo, qui est la maîtresse des richesses qui se trouvent au fond de l'océan. Il est dit qu'elle conserve tout ce qui a été laissé depuis le début des temps (chaînes de perles, coquillages...). Son réceptacle contient une poignée d'escargots dans une petite boîte. Elle possède 9 pierres dont 7 noires et 2 de récif ;
  • Yemayá Akere, qui vit dans les endroits les plus profonds de l'océan. C'est le serviteur d'Olokun. Elle est représentée par la grenouille taureau. Ses couleurs sont le bleu, le vert et le bleu eau. Dans son réceptacle, elle a une petite figurine de porceleine, des carapaces de tortues marines, une flèche en argent, un canot en bois de cèdre, un poisson en argent, une épée en argent et 7 boules de cristal. Les Ararás la nomment Humero ;
  • Yemayá Oro, qui est très mystérieuse et vit avec les Eggúns (qui représentent l'esprit des morts). C'est la Yemayá qui réveille les esprits. Son nom signifie "la sirène qui chante". Ses couleurs sont le bleu foncé, le bleu jais et le bleu eau. Sa nourriture préférée est le canard. Ses arbres favoris sont le boulot et le cyprès. Elle porte une couronne composée de 7 rames, 7 bagues, 7 campanas (cloches), une ancre, un soleil, une machette et une boussole. Elle revêt un masque. Son réceptacle contient un masque en bronze, une épée en argent, 7 coquillages marins et 7 assiettes. Ses "fils" doivent la conserver derrière un rideau et habillée d'un masque. Les Ararás la nomment Kusuwu ;
  • Yemayá Ataremawa, Yemayá Ataramawá ou Yemayá Atarawá dont le nom signifie "celle qui est à tout moment importante". C'est la maîtresse des trésors des océans et de la terre. C'est la gardienne de la faune sous-marine et elle habite dans les forêts des profondeurs de la mer. Elle vit avec Ayalúa. Il est dit qu'elle s'habille de blanc et que sa peau est également blanche. Sa couleur change en fonction de la profondeur de la mer. De sa couronne pendent tous les outils d'Oggún, 7 clés, une lune, un soleil, un canot, 2 rames, 2 pierres, une épée et une boussole. Elle mange des colombes. En de rares occasions, elle peut se nourrir d'oies. Certains affirment aussi que cette Yemayá mange des chèvres avec Oggún. Son offrande préférée est la sapotille. Elle vit dans une soupière placée dans une malle ou un coffre qui renferme ses trésors issus des océans. Son réceptacle doit être décoré de bijoux et contenir une figurine en majagua (arbre de la famille des malvacées) à la peau jaune et habillée de blanc, des coquillages marins, des perles, des miroirs, une épée, une boussole et 7 bracelets d'argent. Les Ararás la nomment Tofodun ;
  • Yemayá Ibu Gunle, Yemayá Ibu Gunlé ou Yemayá Ibu Bunle, qui est la Yemayá des bords de mer. Elle vient des terres iyesa. C'est la mère d'Ondina (la baleine). Son nom signifie "le sédiment des océans". Elle vit sur les pierres de récif, c'est pour cela que sont placées des pierres de récif sur ses otás (pierres). Ses couleurs sont le bleu foncé, le bleu eau et le blanc savon. On lui offre des coquillages marins, du sable de mer, 2 larges rames, une bouée de sauvetage, une épée en plomb et un canot en bois de cèdre. Sa couronne comporte 7 bracelets, 2 rames, 2 roches, un éventail, un crochet, une épée, un canot, une boussole, un coquillage, un miroir, une baleine et un masque. Les Ararás la nomment Kedike ou Kediké ;
  • Yemayá Ibu Aganá, Yemayá Ibu Aganá Erí, Yemayá Ibu Aganá Eri, Yemayá Ibú Agana Erí, Yemayá Ibu Aganá Ení, Yemayá Ibu Aganá Eni ou Yemayá Ibú Agana Ení, dont le nom signifie "la furieuse" ou "la folle". Ce fut l'épouse d'Orisha Oko. C'est la fille préférée d'Olofin. Elle est connue pour sa beauté bien qu'elle ait 7 boules sur la partie inférieure du ventre, un sein en moins et une jambe plus mince que l'autre. Elle vit au plus profond des océans, dans les abîmes, là où tout est obscur, avec Olokun avec qui elle est mariée. Il est dit que c'est cette Yemayá qui coula l'Atlantide. Elle travaille aux côtés d'Oroiña. Ses couleurs sont le bleu de Prusse, le bleu eau et la couleur corail. Son collier est fait de perles bleues, rouges et vertes et de 21 escargots. Sa couronne se termine par un triangle sur lequel sont fixés 7 coquillages, un trident, 7 bracelets, 2 rames, une ancre, une figurine et 2 bracelets circulaires. Outres ses outils habituels, on lui attribue une enclume, 7 machettes, 7 crochets, 16 abanicos de mar (gorgones) et une roche de récif. On lui offre un bracelet, un triangle, une ancre et un bateau. Elle apprécie aussi les éventails faits de plumes de canard. Son réceptacle doit être couvert d'un mouchoir de 7 couleurs. Celui-ci renferme une otá (pierre) taillée en forme de visage et diverses figurines dont une qui possède les mêmes défauts physiques que Yemayá Ibu Aganá en plus de 2 cornes sur la tête qui contiennent une magie. Cette poupée se nourrit d'etú fun fún et vit aux cotés de Yemayá. Il est dit que quand elle baja (apparaît dans une cérémonie qui l'invoque et prend possession d'un participant), le ciel se voile de nuages noirs et il commence à pleuvoir. Ainsi, on ne peut pas faire semblant d'être possédé. Elle possède un ossain qui a une tête de coq, de tortue et de faisan, couverte de perles bleues. Les Ararás la nomment Agwaralú ;
  • Yemayá Ibú Akinomi ou Yemayá Ibú Akinomí, dont le nom signifie "celle qui peut détruire le monde quand on l'agace". Elle vit au sommet des vagues. Elle porte une couronne faite de 7 bracelets en argent, 2 rames, 2 roches, un bote, une sirène, une demi-lune, un soleil, une étoile, un éventail, une épée, une dague, une hache et une bouée. Son collier est constitué de perles bleues foncées, bleues eau, bleues claires et vertes. On lui offre un canot, une sirène, une demi-lune, un hippocampe, une baleine et tous ses attributs habituels. Les Ararás l'appellent Zadike ;
  • Yemayá Ibú Iña, mère d'Ochosi et d'Inlé. Son nom signifie "la reine des tragédies et des discussions". Elle est toujours prête pour la guerre et les disputes. Parmi ses caractéristiques, on peut citer son arrogance, son avarice et son courage. Ses couleurs sont le rose et le vert. Son collier est constitué de perles bleu de Prusse, couleur cacao, ambre et de 7 escargots. Sa couronne se termine par un globe terrestre. Elle se nourrit de chèvres et de carpes. En plus des ses attributs, elle a un Ochosi, un poisson, un cochon, un serpent et un bâton. On dépose un chapeau décoré d'une peau de léopard et de 7 cauris sur son réceptacle. À l'intérieur, on place 7 poignées d'escargots, 7 bracelets, 7 crochets, 2 rames et 2 otás (pierres). Les Ararás la nomment Meñani ;
  • Yemayá Oggún Ayipo ou Yemayá Oggún Ayibo, sœur de Yemayá Okute, qui vit dans les rivières, sur le sable et dans les mers. C'est la patronne des anciennes et c'est elle qui les fait partir lorsqu'elles décèdent. Elle combat avec Oggún. C'est une Yemayá avec une grosse poitrine. Parmi ses attributs, on trouve 9 machettes courbes pour la guerre. Son réceptacle doit être recouvert de mariwo (fibres de palme) ;
  • Yemayá Oggún Asomi, sœur de Yemayá Okute. Cette guerrière combat aux côtés d'Oggún et de Changó. C'est une amie d'Asojuano. Elle vient des terres ararás. Elle vit à la surface de la mer mais elle aime également les marais et les montagnes. Elle apprécie les plantations de bananes. Elle boit du rhum et fume le cigare. Outre ses outils habituels, on lui attibue 2 machettes, une flèche d'Ochosi, un poisson, un squelette, 7 bracelets, un masque et 2 clés femelles et une mâle. On place un masque au dessus de sa soupière ;
  • Yemayá Ibú Nodo, qui vit dans les rivières. C'est une bonne et jolie femme. Elle mange des cailles. Dans son réceptacle, on place une chaîne faite de 21 outils d'Oggún. Elle possède un Ochosi en argent ;
  • Yemayá Yamase ou Yemayá Yemase, qui porte une couronne de laquelle pendent 7 cauris, 7 machettes, 7 haches, un canot et une flèche d'Ochosi. Certains disent qu'elle est la mère de Changó. Elle vit dans une jarre ;
  • Yemayá Ibú Alaro, qui est la mâtresse de la vie et de la mort. Outre ses attributs habituels, elle a une étoile, un homme, une femme, une machette, un Ochosi, un squelette, un clé femelle, 7 otá (pierres), 7 crochets et 7 petites machettes. Sa soupière doit être peinte de 7 couleurs qui symbolisent Kuinkolode. Pour beaucoup, elle est la reine du bleu indigo ;
  • Yemayá Ibu Yabani, qui vit aux côtés de Boronsiá ou Brosia, dans les tornades maritimes ;
  • Yemayá Ibu Tinibú ou Yemayá Ibu Tinibó, qui est la Yemayá de la mer agitée. Ses couleurs sont le bleu de Prusse, le bleu céleste et la couleur cacao. Elle vit dans une jarre. Les Ararás la nomment Asiasianami ;
  • Yemayá Lokún Nipa, dont le nom signifie "celle qui détient la force de la mer" ;
  • Yemayá Alara Magwá Onoboyé, très belle femme qui attire le regard dans la fête et reçoit des éloges sur sa beauté ;
  • Yemayá Oguegué Owoyó Olodé, nom donné aux eaux qui reflètent le croissant de lune ;
  • Yemayá Ye Ilé Ye Lodo, qui mange son mouton à la maison, au bord de la mer ou dans la rivière ;
  • Ayabá Ti Gbé Ibú Omí, reine qui vit dans les profondeurs de la mer. Elle domine les terres de Reyes, Changó, Rey de Ima, Tulempe, Oyó, Koso, Nupe et bien d'autres ;
  • Yemayá Atara Magbá Anibode Iyá, quand elle se retire dans les montagnes vierges, dans les contrées solitaires ;
  • Yemayá Iyawí Awoyómayé Lewó, qui est habillée de vêtements somptueux. Elle a un riche trousseau de mariée et porte 7 jupes ;
  • Yemayá Awó Samá, rarement appelée Yamí Onidá, qui commande la pluie aux nuages ;
  • Yemayá Yalodde, quand on invoque la reine toute puissante. Son nom en langue fon est Yemayá Obotó. En Kimbisa et en Brillumba, on l'appelle Balaunde ou Lunganfula. Les Congos la nomment Mboma, Mamá Kalunga, Pungo, Kasimba, Mamá Umba, Mbúmba Mamba, Nkita Kiamasa, Nkita Kuna Mamba, Cuatro Vientos ou Nkita Kuna Maba. Elle est syncrétisée avec la Virgen de la Regla à Cuba et avec l'Inmaculada Concepción au Brésil ;
  • Yemayá Aguañari ;
  • Yemayá Ibu Sedi ;
  • Yemayá Obírí Adú Adú qui possède une peau très noire ;
  • Yemayá Olodó ;
  • Yalodde, qui donne à Yemayá le titre de reine car elle est une reine puissante.

Cette déesse provient des terre d'Oyó ou, pour les cubains, de Mina. C'est la reine d'Abeokutá. Yemayá est l'Orisha du fleuve Oggùn qui passe par les terres d'Oyó et provient du territoire de Nupe. Plus exactement, il naît près de l'ancienne ville de Vida, maintenant située autour d'Abeokutá, Ibadán et Shaki. Dans le Palo Mayombe et le Brillumba, elle est appelée Baluanda Bucatoca, Luna Nueva, Siete Sayas, Una Cinta, Sibi Cunanbanza, Madre de Agua, Emboma, Mamá Kalunga, Pungo Kasimba, Mamá Umba, Mbumba Mamba, Inkita Kiamasa, Nkita Kuna Mamba ou Cuatro Vientos.

Les "fils" de Yemayá sont volontaires, forts et rigoureux. Bien que paternels ou maternels, ils peuvent devenir impétueux et arrogants. À l'image de la mer, leur caractère est changeant, du plus calme au plus agité. Ils aiment mettre à l'épreuve leurs amitiés. Il se souviennent et n'oublie jamais les offenses, biens qu'ils puissent les pardonner. Ils peuvent être rancuniers. Ils sont loyaux et justes. Des fois, ils sont un peu formels et sérieux car ils ont un sens inné pour la hiérarchie. Ils ont une grande estime d'eux-même. Ils aiment le luxe et la magnificence. Si ce sont des hommes, ils sont souvent maniérés et efféminés et doivent se méfier de ne pas devenir homosexuels. Elle est considérée comme l'Orisha qui aime et aide le plus ses "fils".

Son histoire

Histoire de Yemayá

Yemayá est la fille d'Olokun. C'est pour cela qu'elle est liée à la mer. Elle fut l'épouse d'Obbatalá, d'Orunmilá, d'Aggayú, de Babalú Ayé, d'Orisha Oko et, dans un de ses caminos, d'Oggún. C'est la sœur d'Oshún.

Elle est la mère de la plupart des Orishas et elle éleva les autres. Parmi eux, son préféré est Changó. Même si elle n'est pas sa mère charnelle, elle l'aime comme si elle l'était.

Patakís

Patakí (histoire) sur Yemayá

Yemayá était mariée à Orula, grand devin d'Ifé, qui faisait des miracles et avait une grande clientèle. Il était intimement lié aux secrets du diloggún (divination par les escargots) que Yemayá, reine de la mer, des poissons, des escargots et de tout ce qui est lié à la mer, lui avait ensigné. Lui, interprétait à son tour ces secrets au travers des odduns (système divinatoire) et des légendes.

Un jour, Orula dut faire un long et fastidieux voyage afin d'assister à une réunion des Awó (prêtres du culte d'Ifá) convoquée par Olofin. Son absence dura plus longtemps que Yemayá l'avait imaginé et elle se retrouva sans argent. Elle décida alors d'appliquer ses techniques et ses connaissances pour proposer, à son compte, ses talents de devin à tout ceux qui nécessitaient de l'aide.

Quand quelqu'un venait consulter Orula, elle lui disait de ne pas se préoccuper de son absence et lui tirait le diloggún. Comme elle était devin de naissance, ses vaticinations eurent un gran succès et ses ebbós (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) sauvèrent beaucoup de gens.

Orula, sur le chemin du retour, entendit parler de l'existence d'une femme devin miraculeuse dans son propre village. Curieux, comme tout être humain, il se déguisa et demanda où se trouveait cette femme. Cela le conduisit à sa propre maison. Yemayá, en le découvrant, lui demanda : "Que croyais-tu, que j'allais mourir de faim ?".

Orula, furieux, amena Yemayá devant Olofin, sage d'entre les sages, décida qu'Orula utiliserait l'okpele (petite chaîne utilisée dans le système de divination), les ikines (graines utiliées dans le système de divination) et l'até de Ifá (table de divination) pour ses divinations alors que Yemayá se servirait du diloggún. Olofin avertit Orula que quand il tireraient Yemayá de l'oddun, tous les babalawos devraient lui rendre hommage et toucher le tablero de Ifá avec le front en disant : "ebbo fi eboada".

Autre patakí sur Yemayá

Au début, la Terre était entièrement recouverte d'un gigantesque feu et de pierres ardentes qui interdisait toute vie de se développer. Dans le but que le monde existe, Olofin, le tout puissant, transforma la vapeur des flammes en nuages pour qu'il en tombe l'eau qui servirait à éteindre ce grand brasier. Tant d'eau tomba que tous les énormes trous de la roche se remplirent, donnant naissance à Olokun, l'océan, terrible et craint par tous. Cette mer, qui permet à la vie de s'installer (l'escargot en premier, avant l'Homme), est Yemayá. Elle exista donc avant tout autre chose, étendue sur une immense surface. Un jour, elle sentit une forte douleur au ventre duquel, sortirent les rivières, les Orishas et tout ce qui respire et vit sur la Terre.

Autre patakí sur Yemayá

Yemayá se reposait au fond de la mer, jouant avec les coquillages et les petits poissons multicolores. Elle se sentait nostalgique de ne pas voir ses "fils" vivant sur Terre, qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. À ce moment-là, entre le susurre des vagues, elle entendit le tam tam des tambours. Elle décida de se faire une beauté avec des coraux, des perles d'huître et des robes bleues claires et foncés comme l'écume de la mer. Grâce à son véhicule, tiré par des dophins, elle se dirigea vers la surface de la mer pour aller à la fête, sur les bords de mer, qui lui était destinée.

Lorsqu'elle se présenta, grande parmi les grandes, femme d'une extraordinaire beauté, un silence s'installa pour saluer comme il se doit l'Orisha que tous respectaient et aimaient. Cependant, Changó, hautain, qui avait été séparé de sa mère quand il était enfant décida, sans l'avoir reconnue, de rompre cet hommage et l'invita à danser au son des tambours sacrés.

Enivré par la beauté de cette femme, par la boisson et par son succès de danseur, il l'invita et lui fit la cour. Yemayá, offensée, décida de lui donner une leçon. Ses charmes lui permirent d'attirer Changó vers la mer et elle l'invita à rejoindre son ilé (maison). Ce dernier lui confia qu'il ne savait pas nager. Elle rit et lui assura qu'il ne lui arriverait rien. Elle mit son véhicule à l'eau. Changó, extasié, usa pleinement de ses charmes mais Yemayá plongea dans la mer et déclancha des tourbillons et des vagues gigantesques. La houle fut si forte qu'elle renversa le bateau. Changó appela Yemayá avec désespoir. Celle-ci s'éleva parmi les eaux agitées et dit : "Je suis ta mère, respecte-moi". Changó lui demanda pardon et l'un et l'autre se prirent dans leurs bras. Les eaux revinrent à leur niveau normal.

Patakí sur Yemayá et ses sœurs Ochún et Oyá

Il y a longtemps, 3 sœurs, Yemayá, Ochún et Oyá, vivaient dans une tribu. Bien que pauvres, elles étaient heureuses. Yemayá, la plus âgée, subvenait aux besoins de ses 2 sœurs en partant pêcher en haute mer pendant plusieurs jours. Durant son absence, Ochún veillait sur Oyá, la plus jeune. En même temps, elle pêchait aussi et ramassait des pierres précieuses qu'elle vendait. L'amour qu'elle se portaient mutuellement était énorme.

Un jour, une tribu ennemie envahit leur village et captura Oyá. Ochún, partie pêcher, était en train de plonger et ne put entendre les cris d'Oyá. De même, Yemayá, qui était au loin, en plein mer, ne se rendit pas compte des appels de sa sœur. Oyá fut donc emmenée, captive.

À son retour, Ochún, découvrant la disparition de sa sœur, sombra dans la mélancolie et commença à perdre goût à la vie. Cependant, une rançon avait été demandée. Ochún commença alors à économiser des pièces de cuivre, jusqu'à ce que la somme soit suffisante pour faire libérer Oyá. Entre temps, le chef de la tribu ennemi, qui tomba amoureux d'Ochún, décida de doubler le prix de la rançon, sachant que les sœurs étaient trop pauvres pour payer. Ochún s'agenouilla, pleura, supplia. Le chef lui demanda sa virginité en échange de la liberté de sa sœur. Par amour pour Oyá, elle accepta.

De retour chez elles, Oyá et Ochún racontèrent tout ce qui s'était passé à Yemayá. Pour qu'Oyá n'oublie jamais le sacrifice de sa sœur, Yemayá orna sa tête et ses bras de pièces de cuivre.

Pendant sa captivité, Olofin, roi du village, avait partagé ses biens terrestres entre les habitants de la tribu : à Yemayá, il avait offert les mers, à Ochún, les rivières, à Oggún, les métaux... Oyá absente, il l'oublia. Ochún implora Olofin afin qu'il inclue sa sœur dans son partage. Ce dernier admit la justesse de sa demande et lui attribua le cimetière, seul bien non-alloué. Depuis, Oyá utilise des instruments en cuivre pour montrer sa reconnaissance envers Ochún et mange au bord de la rivière, propriété de celle-ci.

Autre patakí

Un jour, Olofin organisa une fête dans ara onu. Souhaitant que tous les Orishas y participent, il transmit l'invitation à Elegguá. De maison en maison, ce dernier répandit la nouvelle auprès de chaque Orisha sur la Terre. Chacun d'entre eux le récompensa en bonbons, otí (eau-de-vie) et en poisson fumé.

Les Orishas décidèrent d'apporter un présent à Olofin pour le remercier de l'honneur qu'il leur faisait en les invitant dans son palais. Obbatalá choisit un cadeau bâton blanc fait de perles et d'or, Ochún un parfum... Yemayá, prise de travail au fond des mers et partout dans le monde, n'avait toujours pas décidé d'un cadeau à quelques jours de la fête.

Elegguá revint voir Yemayá et lui demanda quel présent elle avait choisi. Mais celle-ci avait oublié, Elegguá dut lui remémorer l'invitation. Yemayá s'empressa d'appeler le plus rapide de ses poissons et lui ordonna de l'amener sur la côte afin qu'elle trouve quelque chose pour Olofin.

Elle réfléchit mais ne parvint pas à trouver une bonne idée. Elle essaya le marché. Elle y rencontra Oyá qui lui expliqua qu'elle allait lui amener un panier rempli des plus beaux fruits. Cette dernière recommanda à Yemayá de se dépêcher de choisir quelque chose car la fête commençait dans environ une heure. Cependant, soit les étals étaient fermés, soit il ne contenait rien de convenable pour un roi. Elle s'en voulait de ne pas avoir pris le temps et de s'être trop occupée de ses "fils". Elle se dirigea vers le dernier marchand qui ne put lui proposer que 3 têtes de poisson. Plein de désarroi, elle fut contrainte d'accepter car elle ne pouvait pas se présenter les mains vides.

Yemayá retourna chez elle pour se parer de la plus élégante de ses robes bleues. Elle la décora de cauris, de perles et de coraux. Elle ne pouvait cependant pas s'ôter de la tête que son cadeau n'était pas à la hauteur. Elle n'avait pourtant plus de temps pour changer d'avis. Elle se dirigea vers la fête avec son présent dans un panier. Dès son arrivée, elle vit tous les Orishas vêtus de leur plus beaux vêtements. Elle fut saluée à l'entrée par Elegguá. Tous les dieux s'inclinèrent en l'honneur de Yemayá qui commença à se sentir à l'aise à propos de son cadeau.

Les trompettes résonnèrent pour annoncer l'entrée d'Olofin. Tous, depuis les Orishas jusqu'aux animaux et à la nature, s'arrêtèrent afin de s'incliner devant lui. Il s'assit sur son trône en or. Un par un, chacun de ses hôtes lui offrit son présent. Olofin, surpris et ravi de ces cadeaux, les accepta et remercia personnellement chaque Orisha. Yemayá, un peu honteuse, restait au fond. Quand Olofin lui demanda quel était son présent, elle se confondit en excuses en expliquant qu'elle avait été très occupée par ses "fils" dans la mer. Il lui répondit qu'il le savait, car Olofin sait tout, et que cela n'avait aucune importance. Yemayá, embarrassée, hésitait à offrir son cadeau. Olofin lui demanda de tout de même le lui présenter. Elle ouvrit le panier et tendit une assiette blanche portant 3 têtes de poisson.

Olofin demanda à Yemayá si c'était le cadeau qu'elle comptait lui offrir. Elle commença à répondre quand il se mit à rire. Tous les Orishas, jusqu'ici silencieux, firent de même. Yemayá, gênée, baissa la tête mais Olofin l'enjoignit de la garder droite. Il expliqua que tous les Orishas avaient amené des cadeaux de grande valeur et d'une exceptionnelle beauté. Par contre, celui de Yemayá était le seul à avoir une signification. Elle ne comprit pas ses paroles. Olofin se leva et quitta son trône pour se diriger vers Yemayá. Il prit l'assiette et promit de transformer l'Orisha en reine de toutes les eaux. Lorsqu'il dit cela, les 3 têtes de poisson se transformèrent en 3 magnifiques couronnes d'or et de pierres précieuses. Il plaça l'une d'elles sur la tête de Yemayá et la sacra reine éternelle des océans. Puis il fit de même avec la seconde couronne et sacra Yemayá reine des terres puis il recommença avec la dernière couronne afin de la sacrer reine des cieux.

Les 3 couronnes luisirent et se transformèrent en une seule et grande couronne. Olofin lui promit qu'elle serait saluée lors de toutes les cérémonies de naissance. Sa couleur, le bleu, ne pourrait pas être absente de ces commémorations. Yemayá salua Olofin comme le veut la tradition, en s'allongeant d'un côté puis de l'autre. Celui-ci la fit se relever. Il lui demanda de faire face à l'assemblée et un par un, chaque Orisha vint saluer et exprimer son respect pour la nouvelle reine des océans, des terres et des cieux.

À la suite de la fête, Yemayá retourna dans l'océan au son des trompettes et accompagnée de la plus haute cour d'Olofin. En entrant dans les eaux, elle vit le nouveau château que celui-ci lui avait offert. Elle dirigea son regard vers les cieux et vit Olofin qui l'observait. Elle le remercia pour sa bénédiction et lui demanda pourquoi il l'avait gratifiée de l'honneur d'être triple reine. Il lui expliqua qu'elle apportait tant à ses "fils" qu'elle n'avait pas eu le temps de lui amener un cadeau qu'il n'avait pourtant pas demandé. Il poursuivit en disant que tous les présents qui lui avaient été apportés venaient du cœur et qu'il pouvait voir qui mentait. Yemayá s'assit dans un gigantesque trône décoré d'or, d'argent, de perles et de corail. Tous les poissons vinrent alors montrer le respect qu'ils portaient pour la nouvelle reine.

Les attributs de Yemayá

Yemayá est représentée comme une femme avec une grosse poitrine car elle nourrit et s'occupe de tout le monde. Pour la trouver, il faut la chercher dans les mers et les océns.

Ses couleurs sont le bleu, sous toutes ses tonalités, avec une préférence pour le bleu indigo, et le blanc. Elle est vêtue d'une longue robe bleue décorée de liserés blancs, symbole de la mer et des écumes, sur laquelle sont cousues de petites clochettes. Elle porte une large ceinture de coton ou de toile qui se termine en forme de losange sur le ventre. Si c'est un homme, il est vêtu d'un pantalon et d'un gilet, en faisant attention pour que les décorations soient des symboles qui rappellent la mer. Elle porte aussi une couronne avec 7 pointes. Son collier (eleke) se compose traditionnellement d'une alternance de perles bleues et blanches ou de la répétition d'un motif de 7 perles bleues, 1 perle bleu outre-mer et 7 perles de cristal transparent appelées perles d'eau. On peut également trouver un mélange de ces 2 compositions avec 7 répétition du motif : 7 perles bleues, 7 perles d'eau ou blanches, 1 perle bleue et 1 perle d'eau ou blanche. Des perles de corail, rouges, noires ou vertes peuvent être ajoutées entre les séquences.

L'objet de pouvoir de Yemeyá est l'abebé, agbebé ou agbegbe, un éventail fait avec une feuille spéciale de palmier et décoré de plumes de canard ou de paon, de perles d'huître, de coquillages, de grelots et d'escargots. Ses principaux attributs sont tout ce qui est lié à la mer (des poissons, des hippocampes, des escargots, une sirène, des coquillages, des coraux, des abanico de mar (gorgones), 7 rames (alami), une bouées de sauvetage (yika), des ancres (dakoduro), des gouvernails, des bateaux, des canots (okó), des filets de pêche...), un soleil (oru), une lune pleine (ochú), une étoile (irawó) et une clé (chileku). Tous ces objects sont fait en argent, acier, laiton ou plomb. On trouve aussi 7 bracelets en argent, un iruké (sorte de fouet en crin de cheval) dont le manche est décoré de perles bleues et blanches, un éventail dont les branches sont en nacre ou en or et décoré de perles et d'escargots, divers agbegbe, un manteau richement brodé, un acheré ou maraca de couleur bleue, une agogó (cloche) que l'on utilise pour la saluer ou pour demander l'attention quand elle parle, des miroirs et une poignée d'escargots. Tous ces attributs sont décorés de canards, de poissons, de filets, d'étoiles, de chevaux de mer, de coquillages et de tout ce qui peut faire penser à la mer.

On sacrifie par immolation à Yemayá des moutons, des canards (sauf pour Yemayá Okute), des coqs et des poules, des faisants, des colombes, des cailles, des oies et parfois des perroquets, des jicoteas (tortues) ou des cerfs (sacrifié au cours d'une minutieuse cérémonie pour Yemayá Asesú). Elle mange toujours avec Shangó à part Yemayá Okuté qui se nourrit avec Oggún. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont de l'ochinchin (plat à base de crevettes, des câpres, de la laitue, des œufs durs, des tomates et des bettes), de l'ekó (tamal de maïs enveloppé dans des feuilles de bananier), de l'olelé (haricots caritas (rouges) cuisinés, moulus puis salés qui servent à faire une pâte que l'on garnit de morceaux d'ail, d'oignon et de gingembre dont on fait des boules que l'on place sur des feuilles de bananier), des haricots noirs, 4 poissons entiers servis dans une assiette blanche rayée de bleu, du sucre noir, de gaufrettes de farine avec du sirot de sucre de canne, des boules de banane verte ou d'igname accompagnées de quimbombó (gombo), de la noix de coco brûlée, des melons en particulier des melons d'eau, des pastèques, des ananas, des papayes, du raisin, des poires, des pommes, des oranges ou du miel de sucre. Sa nourriture préférée est le sirot de sucre de canne. Généralement, les offrandes pour Yemayá sont réalisées près de la mer. Souvent, elles sont placées dans un petit bateau, idéalement en argent avec des rubans bleus et blancs. La crête des vagues qui se brisent sur les côtes et les roches symbolise Yemayá qui reçoit ce qui lui est destiné. Quand elle est énervée, on lui offre du cresson, de la laitue, de la bette et de chayote. Elle aime beaucoup les roses blanches. Quand un des ses "fils" a des problèmes de santé, il doit se rendre au bord de la mer avec un bouquet de roses, appeler Yemayá et lui jeter les fleurs.

Les plantes (ewes) associées à Yemayá sont :

Ewes
  • Achibata ;
  • Aguacate (Persea americana) ;
  • Ají dulce (Capsicum frutescens) ;
  • Alambrilla ;
  • Albahaca morada (Ocimum basilicum) ;
  • Añil (Indigofera tinctoria ou Indigofera suffruticosa) ;
  • Artemisa ou Altamisa (Ambrosia artemisiifolia) ;
  • Ashibata ou Lirio de agua ;
  • Atiponlá ;
  • Bejuco amargo ;
  • Bejuco de corrales (Serjania diversifolia) ;
  • Bejuco de jaiba ;
  • Bejuco parra ;
  • Bejuco tortuga (Bauhinia heterophylla) ;
  • Bejuco ubí ou Bejuco ubí de cinco hojas (Cissus sicyoides) ;
  • Bejuco ubí ou Bejuco ubí de hoja ancha (Cissus sicyoides) ;
  • Bejuco ubí macho (Cissus trifoliata) ;
  • Belladona (Kalanchoe brasiliensis) ;
  • Berro ;
  • Botón de oro ;
  • Caisimón ou Casimón (Piper umbellatum ou Pothomorphe peltata) ;
  • Camagüire ou Camagüira ;
  • Camarón (Acrosticúm excelsum) ;
  • Cambia voz (Schaefferia frutescens) ;
  • Caña coro ;
  • Cañamazo amargo (Paspalum conjugatum) ;
  • Canutillo blanco (Commelina elegans et Commelina longicaulis) ;
  • Carqueja ou Carquesa (Ambrosia hispida) ;
  • Cayumbo ;
  • Cebolla (Allium cepa) ;
  • Chayote (Sechium edule) ;
  • Chinchona (Existema ellipticum) ;
  • Ciruela (Spondias purpurea ou Spondias cironella) ;
  • Colrazón de paloma ;
  • Comecara ou Comecaña (Eugenia aeruginea) ;
  • Copalillo del monte (Thouinia nervosa) ;
  • Cordobán (Rhoeo discolor) ;
  • Coste ou Colonia ;
  • Cuaba negra (Erithalis fruticosa) ;
  • Cuba gomosa ;
  • Cucaracha morada (Zebrina purpusii) ;
  • Culantro (Eryngium foetidum) ;
  • Diez del día (Portulaca pilosa) ;
  • Flor de agua azul (Eichornia azurea ou Eichornia crassipes) ;
  • Frescura ;
  • Genciana de la tierra (Voyria aphylla) ;
  • Grénguere, Grénguero ou Grenguera (Corchorus olitorius) ;
  • Guacamaya ;
  • Guairaje (Eugenia buxifolia) ;
  • Guamá (Guazuma tomentosa) ;
  • Guamá de costa (Lonchocarpus latifolius) ;
  • Guamá hediondo (Lonchocarpus blainii) ;
  • Guásima (Guazuma tomentosa ou Guazuma guazuma) ;
  • Helecho de río ou Lecho de río (Osmunda regalis) ;
  • Huevo de gallo (Tabernaemontana citrifolia) ;
  • Incienso de costa ou Incienso de playa (Tournefortia gnaphalodes) ;
  • Ítamo real (Pedilanthus tithymaloides) ;
  • Jagua (Genipa americana) ;
  • Jiquí (Pera bumeliaefolia) ;
  • Junco marino (Parkinsonia aculeata) ;
  • Lechuga (Lactuca sativa) ;
  • Lechuguilla (Pistia commuttata ou Pistia occidentalis) ;
  • Limo de mar ;
  • Magüey (Furcraea cubensis) ;
  • Maíz (Zea mays) ;
  • Majagua (Parititi tiliaceum) ;
  • Malanga (Xanthosoma sagittifolium) ;
  • Malanguilla ;
  • Mangle (Rhizophora mangle) ;
  • Marilope ;
  • Mariposa (Hedychium coronarium) ;
  • Matanegra (Rourea glabra) ;
  • Mazorquilla ;
  • Melon de agua (Citrullus citrullus) ;
  • Meloncillo ;
  • Mejorana (Majorana hortensis ou Origanum majorana) ;
  • Orozú ;
  • Palo cochino (Tetragastris balsamifera) ;
  • Palo de canela ;
  • Palo jeringa (Tekén-teke) ;
  • Palo verraco (Hypericum styphelioides) ;
  • Panetela ;
  • Papo zapatico de la reina ou Papito zapatico de la reina (Centrosema plumieri ou Fagelia bituminosa) ;
  • Para mí [Ponasí] (Hamelia patens) ;
  • Paragüita ou Quita solito (Cyperus alternifolius) ;
  • Pega pollo (Priva lappulácea) ;
  • Peregún blanco ;
  • Pichona ou Pinchona ;
  • Prodigiosa ;
  • Reseda (Resedá odorata) ;
  • Rompezaragüey (Vernonia methaefolia) ;
  • Sábila (Aloe vera) ;
  • Sabina (Juniperus lucaya) ;
  • Sargazo (Sargassum vulgares) ;
  • Túatúa ou Túba túba (Jatropha gossypiifolia) ;
  • Uva gomosa (Cordia alba) ;
  • Verbena (Verbena officinalis) ;
  • Verdolaga (Portulaca Oleracea ou Talinum paniculatum) ;
  • Violeta (Violeta odorata) ;
  • Yagruma (Cecropia peltata) ;
  • Yamagua ou Yamao (Guarea trichilioides) ;
  • Yerba bruja ;
  • Yerba buena (Mentha sativa) ;
  • Yerba de la niña (Phyllanthus niruri) ;
  • Yerba de la sangre (Cordia globosa) ;
  • Yerba mora ou Mora (Solanum nigrum) ;
  • Zargazo.
Réceptacle pour Yemayá
Réceptacle pour Yemayá

Pour invoquer Yemayá, on utilise une soupière ou une jarre en faïence de couleur bleue ou toute déclinaison de la couleur bleu et blanc. Elle est décorée avec des motifs de fleurs. On y place les otás (pierres) à l'intérieur, plongées dans de l'eau de mer. Au moins 7 jours avant de recevoir Yemayá, une cérémonie doit être organisée au bord de la mer et les 7 ótas obscures ou noires sont ramassées à ce moment-là. Des fois, les 7 bracelets entrelacés de Yemayá ou, quand elle le demande, une couronne se mettent sur le réceptacle.

Son nom ne doit pas être prononcé par un de ses "fils" sans avoir au préalable touché le sol avec le bout des doigts et les avoir embrassé, ainsi que les traces de poussière qu'ils ont ramassé.

Durant les différentes cérémonies, les invocations pour Yemayá sont les suivantes :

Pour ma Mère Yemayá, Mère et maîtresse de l'océan. Mère des Orishas, gardienne des enfants, reine des ondes. Je suis la fille de l'océan, la fille des vagues, la fille de l'écume. Yemayá, Mère l'océan, oh ma Mère Yemayá, descendez et conseillez-moi. Acceptez nos offrandes. Entrez dans nos cœurs, dans nos bras, dans nos jambes. Entrez ici. Dansez avec nous.

On la salue en s'allongeant sur le sol, de côté et appuyé sur le coude. Tout en alternant entre le côté droit et le côté gauche, on prononce la fomule suivante : ¡Omío Yemayá Omoloddé! ¡Yemayá Ataramawa! ou ¡Omí o Yemayá, Omí Lateo, Omí Yalodde!

Ses chiffres sont le 7 et ses multiples. Son jour est le samedi. Son jour saint est le 7 septembre. Plus rarement, le 2 janvier lui est aussi attribué.

Syncrétisme

Yemayá est associée à la Virgen de Regla, patronne de Bahía. Il est dit que son origine est liée à un évêque, San Agustín 'el Africano' qui vécut et mourut (360-436) en Afrique. Dans sa jeunesse, il assista à l'apparition d'un ange qui lui ordona d'effectuer une sculpture sur bois d'une vierge noire qu'il devait placer, bien décorée, dans son oratoire. Les années ont fait oublier le nom qu'il avait dû lui donner bien que l'on pense que ce soit Virgen de Regla. 17 ans après sa mort, afin d'éviter que la statue fût profanée par des barbares, Cipriano, un disciple de San Agustín qui connaissait l'histoire de cette sculpture, l'amena à bord de sa petite embarcation vers les côtes espagnoles, près du lieu qu'occupe aujourd'hui la Virgen de Regla dans la ville de Chipiona dans la province de Cadix. Durant le voyage, le navire résista à une tempête qui les surprit dans le détroit de Gibraltar. La statue ainsi que Cipriano et son navire s'en sortirent intact. Cet événement est considéré comme le premier des miracles de la vierge. Elle devint donc la patronne des marins et des pêcheurs.

Puis à Cuba, dans les années 1660, une cabane qui habritait l'image de la Virgen de Regla de San Agustín fut érigée sur les terres de l'ingenio (sucrerie) Guaicamar, dans le hameau de Regla, près de la baie de la Havane. 2 ans plus tard, la cabane fut emportée par un orage. Juan Martín de Coyendo, un homme pieux et modeste, voulu reconstruire de ses propres mains, et avec l'aide financière du riche commerçant Don Alonso Sanchez Cabello, un ermitage. Lorsqu'il fut terminé en 1664, une nouvelle statue de la vierge fut amenée par le Sergent-chef de l'île, Don Pedro de Aranda et installée dans ce nouveau bâtiment. Elle fut l'objet de beaucoup de dévotion. Le 23 décembre 1714, la vierge fut proclamée patronne de la baie. Les célébrations qui lui était destinées étaient très populaires dans toutes les couches sociales de la population. Durant ces festivités, les blancs, les nobles et les esclaves, libérés pour l'occasion, buvait de l'eau de vie de canne, assistaient à des combats de coqs et participaient à des corridas de taureaux. Des chants pour la douce María résonnaient aux côtés des toques (rythmes) traditionnels joués aux tambours batás pour Yemayá. Le syncrétisme devint naturel avec la Virgen de Regla : la Vierge, mère de Dieu devint Yemayá, la puissante mère de tous les Orishas et la miséricordieuse reine de la mer qui est aussi sa demeure.

Parfois, elle est aussi associée à Stella Maris.

Les chants

Rezo

Iya mío atará maguá mío
Jojoo acheré Oggún ayába jiguá odún
Omio Yemayá asayabí Olokún
Aboyó aboyó yogn euó aya balo
Euó mi emí bache Iyá
Olomí okará biaye Yemayá eguére ekún
Asayobió Olokún ya bi eledé omó arikú
Alálajara de yuama kamarikú komón amón
Kamari eyó, kamari ofó, kamari yen
Bipene
Agó

Les toques

Durant les güemileres (cérémonies religieuses), Oyá ne doit pas être invoquée en même temps que Yemayá de peur qu'elles ne se battent entre elles. Une histoire raconte que Yemayá était à l'origine chargée de veiller sur les cimetières alors qu'Oyá était la maîtresse des océans. Yemayá piégea Oyá en échangeant leurs domaines de pouvoir. Ensuite, Yemayá refusa de rendre les océans à Oyá, chose que cette dernière n'a jamais oublié. Une autre histoire dit que Changó, le second mari d'Oyá, après Oggún, eut des relations avec Yemayá et Ochún, ce qui n'arrange pas les affaires entre Oyá et Yemayá.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque de 3 rythmes appelé alaro, alaró ou aro (aláró) :

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a consacré un disque à Yemayá intitulé Orisha Aye - Yemaya. Le projet Abbilona a également enregistré 2 disques pour cet Orisha.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

Yemayá :

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