La Columbia

La Columbia est l’une des danses de la Rumba. Rapide et énergique, cette danse est, tout comme le Guaguancó, très populaire. Elle hérite de la danse Palo pratiquée par les Congos et reçut aussi l’influence du Maní.

Description de la danse

La Columbia est une danse individuelle. En général, les acteurs de cette Rumba (danseurs, musiciens et public) vont créer un espace circulaire que le danseur soliste va occuper afin de démontrer son agilité, sa rapidité, sa bravoure, sa créativité et sa musicalité aux autres danseurs. Chacun d’entre eux va défier les autres participants, chercher à les surpasser, en démontrant la perfection et la virtuosité de son style.

Danseur de Columbia

La danse ne commence qu’au moment du montuno (partie responsoriale entre le soliste et le chœur) qui a lieu après la diana (introduction chantée) et l’exposition de la tema (le thème). Pour prendre la place de soliste, les danseurs demandent la permission par un signe (souvent de la main). Ensuite, ils parcourent l’espace de danse et saluent parfois les tambours avant de s’exprimer librement.

Le danseur principal peut également établir un dialogue avec le percussionniste qui joue le quinto, tambour le plus aigu de l’ensemble des 3 tambours. Dans ce duel, le musicien tente de souligner les pas du danseur qui cherche à tout moment à le surprendre. Le danseur devient en quelque sorte un musicien qui utilise son corps et sa gestuelle comme instrument. À l’inverse, le percussionniste peut aussi improviser des frappes que le danseur va marquer par des mouvements.

Caractéristiques de la danse

La Columbia offre une grande liberté d’improvisation. Son vocabulaire est très riche car elle fait appel à des influences très variées comme des pas inspirés des traditions Abakuás (mouvements des íremes), Congos ou Yorubas (danse des Orishas) mais aussi des actes qui miment la vie quotidienne (tâches ménagères), des gestes issus de la boxe ou plus récemment des pas de Hip-Hop et de Break Dance. La danse se caractérise par des jeux de jambes et des mouvements d’épaules complexes.

Pour démontrer leur virtuosité, certains danseurs n’hésitent pas à utiliser des accessoires appelés tratados qui rendent la danse plus impressionnante et risquée comme :

  • des machettes ;
  • des couteaux (cuchillos) avec lesquels le danseur simule le fait de se poignarder. Parfois, ils peuvent se les accrocher aux pieds, à la manière des ergots des coqs ;
  • une ou plusieurs bouteilles de rhum (mañugnas) posées au sol autour desquelles il faut danser sans les renverser ;
  • un verre d’eau plein d’eau ou de rhum ou une bougie posé sur la tête qu’il ne faut pas faire tomber en dansant…

Pour élever la difficulté de la danse, les danseurs peuvent aussi se bander les yeux ou danser dans des lieux peu adaptés comme dans des escaliers ou sur une table. Ceci rend la Columbia acrobatique.

Initialement, seuls les hommes dansaient la Columbia en partie à cause des risques encourus. Ceci explique que ce soit la seule Rumba dans laquelle la relation et le jeu homme/femme ne soit pas présent. Aujourd’hui de plus en plus de femmes s’essayent tout de même à la Columbia.

Les grands danseurs de la Columbia sont ‘Papá Montero’, José ‘Malanga’ Rosario Oviedo, ‘Mulence’, ‘Chenche’ ou Andrea Baró (première femme à défier les hommes à cette danse).

La Columbia :

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