Le Zapateo

Naissance du Zapateo

Dès le début du 18ème siècle, le Punto Guajiro anime les guateques, fêtes organisées dans les régions rurales de l’île. Les morceaux sont composés d’une alternance de parties chantées lentes, souvent articulées autour de la décima, et de sections instrumentales plus rapides et animées qui permettent aux participants de danser le Zapateo. Cette danse prend racine dans le Zapateado andalous, transporté sur l’île par des planteurs de tabac issus d’Andalousie et des Canaries. Son nom vient du mot « zapatear » qui signifie « taper des pieds », mouvement caractéristique de la danse Zapateo. D’abord pratiquée au sein des classes hautes et moyennes de la société cubaine, elle quitte les salons pour devenir le divertissement favori du paysans blanc qui l’emploie aussi au milieu de ses journées de travail dans les plantations de tabac et autres cultures agricoles. Elle y développe ses modalités propres.

Le Zapateo connaît son heure de gloire durant la seconde moitié du 19ème siècle. On retrouve une partie de Zapateo dans certaines Contradanzas telles que « La quejosita » de Manuel Saumell Robredo ou « ¡Mamá, que me van a pintar! » de Jorge Ankerman.

Grâce à son succès, le Zapateo qui n’est que la partie dansante du Punto Guajiro se transforme en un genre musical instrumental à part entière. La partie mélodique est jouée par le laúd qui interprète une Tonada rythmique pendant laquelle le public continue à danser.

Durant les années 1920, le Zapateo ne put résister à l’émergence du Son. Considérée comme quelque chose de « rustique », cette danse n’évolua pas et tomba en désuétude. Aujourd’hui, seules des troupes de danse folklorique le comptent dans leur répertoire quand elles représentent la vie du paysan blanc cubain. On peut également la retrouver dans les fiestas de los bandos rojo y azul de Majagua, dans la province de Ciego de Ávila.

L’instrumentation

Le Zapateo se joue avec des instruments à cordes issus ou dérivés de l’instrumentation espagnole : tiple (petite guitare composée de 5 cordes ou 5 paires de cordes) puis bandurria (guitare espagnole à six cordes) et laúd (luth à six paires de cordes joué avec un plectre), guitare, vihuela puis tres et des instruments percussifs d’origine amérindienne ou africaine : güiro, maracas ou claves. Des fois, la rythmique peut être complétée par un guayo ou par des bongos. Certains auteurs ont aussi observé l’utilisation d’une calebasse, d’une botija ou botijuela (instrument fabriqué en terre cuite et possédant un orifice par lequel il faut souffler pour produire un son grave proche de celui d’une contrebasse), d’une quijada ou quijá (mâchoire inférieure de cheval, d’âne ou de mule frappée afin d’en faire vibrer les dents, ancêtre du vibra-slap) ou d’une machete ou mocha.

Le rythme

Le Zapateo est une forme musicale en 3/4 ou 6/8. Le rythme est constant durant le morceau pour faciliter la danse.

Le Zapateo :

  • "Zapateo Cubano" de Francisco 'Frank' Emilio Flynn Rodríguez - Zapateo

Le Zapateo :

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