Orunmilá

Présentation générale

Orunmilá
Orunmilá

Orunmilá, Orumbila, Orúmbila, Orula, Orunla (nom le plus employé à Cuba) ou Ifá est un Orisha majeur, maître de la divination et des oracles. Il représente la sagesse, le savoir et l’intelligence. Il forme avec Olofin et Oduduwa une trilogie fondamentale dans la cosmogonie yoruba. Il est l’Eleri-Ipin Ibikeji Oloddumare. Cela signifie qu’il fut l’unique témoin de la création de l’Univers par Oloddumare et qu’il est son second. Ainsi, Orunmilá connaît le destin de tout chose ou être vivant, de son origine jusqu’à sa fin.

C’est le devin suprême et interprète de l’Ifá. À l’origine, Orunmilá avait le don de la danse mais il l’échangea avec Changó avec l’accord d’Olofin contre celui de la divination. C’est le seul à posséder le secret de l’Ifá. Il symbolise la prémonition et l’intuition. Il est le patron des babalawos et des grands prêtres de la santería. C’est l’oracle suprême au travers duquel les hommes peuvent communiquer avec les Orishas.

Il est le bienfaiteur de l’humanité et son principal conseiller car il révèle le futur (matériel comme spirituel) et permet de l’influencer même dans les cas les moins favorables. Avec son aide, tout est réalisable. Il connaît jusqu’aux choses les plus secrètes de l’Homme et de la nature. Celui qui ne suit pas ses conseils, qu’il soit homme ou Orisha, s’expose à être la victime des osogbos (désignation des maux qui peuvent frapper les hommes comme la mort ou la maladie) produits par Eshú. Il représente un soutien et la sécurité face aux incertitudes de la vie. C’est aussi un guérisseur dont la connaissance médicinale est immense. Il protège des maladies mentales (en particulier de la folie).

Avec Elegguá, Oyá et Obbatalá, il domine les 4 vents. Il possède un grand savoir sur l’astrologie.

Le nom d’Orunmilá vient du mot yoruba « Òrúnmìlà » qui signifie « seul le ciel sait qui survivra ». Il ne possède qu’un camino. Dans le Palo Monte, il est connu sous le nom de Padre Tiempo ou Kisimba. En Kimbisa, il s’appelle Kavanda, Kavanga, Madama ou Mpungo Lomboan Fula. En Brillumba, il se nomme Badai, Dadai ou Yungún Boila et à las Villas, Kimbúmbula.

Les « fils » d’Orunmilá sont de nature tranquille et possèdent une grande sagesse. Ils sont détachés des choses matérielles et généreux. Ce sont d’excellents guides spirituels et se fient à un sens aigu de l’intuition. Du fait de leur caractère spirituel et pacifique, ils cherchent le calme et le développement intérieur intellectuel.

Son histoire

Histoire d’Orunmilá

Orunmilá est le fils d’Orokó et d’Alayerú, ses parents célestes. On dit aussi que sur terre, il descend d’Obbatalá et de Yemú. Il est le frère d’Elegguá et de Changó. Il est l’époux d’Ochún avec qui il a eut des enfants et de Yemayá.

Il est inséparable de Changó dont il reçut le tablero de Ifá et le don de divination et d’Eshú, son fidèle allié et assistant.

Patakí (histoire) sur Orunmilá

Obbatalá, apprenant qu'Oggún, son fils, avait eu des relations sexuelles avec sa femme, ordona que tous les descendants soient exécutés. Quand Changó naquit, Elegguá, son frère le confia à sa sœur aînée, Dadá, pour qu'elle l'élève. Peu de temps après, un autre frère, Orunmilá, vit le jour. Elegguá, effrayé par la colère d'Obbatalá, l'enterra à l'orée de la forêt et lui apporta de la nourriture tous les jours.
Le temps passa et, un beau jour, Obbatalá tomba malade. Elegguá alla rapidement chercher Changó pour qu'il le soigne. Ce dernier, grand médecin, fit guérir son père. Elegguá profita de cette occasion pour implorer à Obbatalá qu'il pardonne Orunmilá. Obbatalá accepta et accorda son pardon. Changó, fou de joie, rasa les bois. Il en fit un magnifique tablero de Ifá (table ronde au travers de laquelle se réalisent les divinations). Il le donna à son frère, Orunmilá, en même temps que le don de voyance. Depuis, Orunmilá dit : "Marefum [bénédiction] Elegguá, marefum Changó, Elegbará".
Depuis, Orunmilá est le maître du tablero, celui qui prédit le futur, le conseiller des hommes et l'interprète de l'oracle d'Ifá. Ceci explique également le fait que l'ékuele d'Orunmilá comprent un fragment du collier de Changó (rouge et blanc).

Autre patakí sur Orunmilá

Quand Obbatalá termina la création du premier homme, Olofin convoqua tous les Orishas pour qu'ils soient présents lors de la cérémonie durant laquelle il allait lui donner vie. Tous se mirent à genoux et inclinèrent la tête pour ce moment sacré. Seul Orunmilá, en tant qu'assistant choisi pour son sérieux et sa sagesse, put voir comment Olofin donna l'eledá (force de la vie et identité spirituelle) à l'orí (représente la tête, l'être).
Une fois la cérémonie terminée, ils célébrèrent l'évènement et Olofin dit : "Seul Orunmilá fut témoin ce que j'ai réalisé. Par conséquent, quand l'homme voudra connaître son eledá, Orunmilá sera chargé de le lui communiquer".

Ses attributs

Il est représenté comme un homme sage en quête perpétuelle de savoir et de connaissances.

Ses couleurs sont le vert clair et le jaune. Son collier (eleke) se compose de perles vertes et jaunes alternées. Dans la culture africaine, ses couleurs sont café et vert.

Ses symboles de pouvoir sont l’até, opón ou tablero de Ifá (table de divination, principal instrument pour lire le futur. Sous forme ronde sur laquelle sont marqués les 4 points cardinaux – nord pour Obbatalá, sud pour Oddua, est pour Changó et ouest pour Eshú, elle symbolise le monde. Elle est parfois utilisé comme instrument de percussion dans certaines cérémonies) et un iruké, sorte de fouet en crin de cheval qui sert à chasser le mal. Ses principaux attributs sont un ékuele ou okpele (chaîne d’une 40aine de centimètres de long, composée de perles de verre, de carapaces de tortues ou de morceaux de noix de coco séchée liés par des chaînons métalliques. Elle est utilisée par les babalawos pour consulter), un irofá (corne de cerf sculptée qui sert à écrire dans la poudre d’Orunmilá ou yefá déposée sur le tablero de Ifá ou, dans certaines cérémonies, à le frapper), une petite balayette (pour nettoyer le tablero de Ifá), un iddé (bracelet formé de perles jaunes et vertes alternées), une planchette de cèdre, une balance et son poids, une petite cloche et 2 poignées d’ikines (graines de noix de coco ou de palmier).

Attributs d'Orunmilá (tablero de Ifá, ékuele et iruké)
Attributs d’Orunmilá (tablero de Ifá, ékuele et iruké)

On lui sacrifie par immolation des chèvres, des poules noires, des colombes et des cerfs. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont des noix de coco, de l’igname, du basilic blanc et des poules noires.

Les plantes (ewes) associées à Orunmilá sont :

Ewes
  • Aceitunillo (Beilschmiedia pendula ou Hufelandia pendula) ;
  • Acediana ou Arcediana (Celosia cristata) ;
  • Aguinaldo morado (Ipomoea crassicaulis) ;
  • Albahaca menuda ;
  • Almorejo ;
  • Altea (Hibiscus syriacus) ;
  • Arabo (Erythroxylón havanense) ;
  • Arabo colorado (Erythroxylon affine) ;
  • Arará ;
  • Astronomía (Lagerstroemia indica) ;
  • Bastón de San Francisco (Leonotis nepetaefolia) ;
  • Bejuco de fideo (Cuscuta americana) ;
  • Coquito africano ;
  • Colonia ;
  • Copey (Clusia rosea) ;
  • Corteza de coco ;
  • Cundeamor (Momordica charantia) ;
  • Galán de noche (Cestrum nocturnum) ;
  • Guanina (Cassia tora) ;
  • Mamey de Santo Domingo (Mammea americana) ;
  • Mano de San Francisco ;
  • Mano poderosa ;
  • Maravilla (Mirabilis jalapa) ;
  • Ñame (Dioscorea alata) ;
  • Ojo de profeta ;
  • Palma real (Roystonea regia) ;
  • Paraíso (Melia azederach) ;
  • Pata de gallina (Dactyloctenium aegyptium ou Eleusine indica) ;
  • Piña de ratón (Bromelia pinguin) ;
  • Romerillo amarillo (Weddelia rugosa tenuis) ;
  • Yerba buena (Mentha sativa) ;
  • Yerba hedionda (Cassia occidentalis).

Le réceptacle d’Orunmilá est composé de 2 moitiés de güiro (calebasse) qui représentent le ciel et la terre. On peut les mettre dans un plateau de bois.

Réceptacle d'Orunmilá
Réceptacle d’Orunmilá

Réceptacle d’Orunmilá

À la différence de beaucoup d’autres Orishas, Orunmilá ne s’invoque pas et ne prend pas possession de ses « fils ». L’unique manière d’entrer en contact avec lui se fait au travers de ses oracles qui sont l’ékuele et le tablero de Ifá.

Pour entrer dans le culte d’Orunmilá, il faut suivre une initiation appelée mano de Orula, awo fa ka ou abo faca pour les hommes et iko fá fun ou ico-fa pour les femmes. Ce titre est la plus haute consécration que peut atteindre une femme dans la connaissance des secrets d’Orunmilá. Elle reçoit alors le nom d’apetebí et sont très respectées et écoutées. Dans le cas des hommes, si Orunmilá le décide, ils peuvent continuer dans l’apprentissage de son culte et devenir prêtres. Ils reçoivent le nom de babalawo ou oluos. C’est pour cela que l’on dit souvent que la cérémonie de la mano de Orula est le premier pas pour devenir babalawo. Le pouvoir d’Orunmilá est tellement grand que ceux qui se consacrent à lui doivent abandonner tout culte pour un autre Orisha.

Seuls les hommes de morale irréprochable et non-homosexuels qui ne reçoivent pas d’Orisha (donc qui n’entrent pas en transe) peuvent atteindre la consécration de babalawo après des études du dogme religieux d’Ifá. Orunmilá leur donne alors l’ashé (bénédiction) pour que les ebbós soient assez efficaces pour sauver tout ceux qui demandent de l’aide ou la protection à un Orisha. Ils sont aussi autorisés à célébrer les mariages religieux.

On salue Orunmilá en touchant le sol avec les doigts, puis on les embrasse et on les pointe vers l’Altísimo en disant la formule suivante : ¡Orula Iború, Orula Iboyá, Ibocheché!

Son chiffre est le 16. Tous les jours de la semaine peuvent lui être consacrés. Son jour saint est le 4 octobre. Ce jour là, on doit lui apporter 2 noix de coco, un igname, 2 cierges, un livre de droit et des offrandes comme des fruits ou des galettes.

Syncrétisme

Orunmilá est associé à San Francisco de Asís. Ce dernier était un italien, né dans une famille de marchands. Il passa sa jeunesse entre monde du commerce et service militaire. Une apparition de Jésus Christ le fit embrasser la vie religieuse. Il choisit alors une vie de pauvreté et de labeur, en accord avec ses croyances.

San Francisco de Asís est sûrement celui qui incarna le mieux la vision de la charité chrétienne et du parfait amour de son prochain et de la nature née du Créateur. Cet amour singulier pour l’humanité justifie probablement son association avec Orunmilá, qui fut l’Orisha qui fit le don le plus important pour les Hommes : la possibilité de connaître le futur et de prévenir le mal qui les guette.

Des fois, Orunmilá est aussi associé à San José de la Montaña qui fut un autre modèle de charité chrétienne et d’amour pour l’autre ou San Felipe.

Les chants

Rezo

Orunla iran lowo kuelú re titanchani niton le ri na ki ore eyeni omo tiwá ile ni tobí ni gbogboni laiye odikiu aiki baba wa

Chant

Orunmilá taladé, baba moforibale
Orunla iború e
Orunla di boye
Dibo sise

Beaucoup de chants peuvent se retrouver sur le site furius.ca.

Les toques

Durant l’Oru Seco, on lui dédie un toque (rythme) :

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a enregistré un disque intitulé Orisha Aye - Olofi, Oddúa, Inle, Orúnmila, Iroko sur lequel il est possible de trouver des morceaux pour Orunmilá.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

Orunmilá :

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