Les rythmes Nagós

Panorama des rythmes nagós

La nation Nagó prend ses origines au sein de l’ethnie Anago yoruba au Nigéria. En raison de leur proximité côtière, les Nagós furent parmi les premières victimes de l’esclavage. Ils parlent un dialecte particulier, faisant partie des langues yorubas. Les Loas de cette nation sont des guerriers et forgerons qui manipulent le feu et s’emportent facilement. Leur musique rituelle est liée à la guerre. Ogún est le Loa central de cette branche Vodú.

À Camagüey, le culte pour Ogún est très développé.

L’instrumentation

Les tambours nagós portent, selon leur taille, les noms de boulá, segón et koupé ou met. Certaines sources parlent de bulá, coupé et gondé. Enfin, on peut aussi entendre dire petit pa ou piti pa, bula ou koupé et gondé ou grondé. Les percussionnistes les jouent à main nue.

Ces tambours unimembranophones sont plus petits que les tambours radás. Leur système de tension est dit « à piquets ». Une ficelle lie peau et chevilles. Ils sont devenus très rares. On les trouve plutôt dans les zones de Camagüey et de Ciego de Ávila. Il est très peu fréquent de les entendre jouer en ensemble complet. Ils sont souvent employés en combinaison avec des tambours radás ou des tumbadoras. Le toque (rythme) est alors adapté à l’instrument. Les tambours nagós sont des objets sacrés exposés dans les autels vodús, suspendus ou posés sur une chaise (on ne les pose jamais à même le sol). On ne les déplace que pour les jouer au cours des rituels. Ces tambours peuvent aussi être utilisés pour honorer des Loas des nations Ibó, Congó et Petro.

Cet ensemble est accompagné d’un trian, triyang, trián ou trillán (soc de charrue plus communément appelé guataca).

Le rythme

Le rythme nagó, en 6/8, est très rapide. Le trián maintient la ligne rythmique :

Nagó (trián)
Nagó (trián)

Le tambour aigu joue le rôle de l’improvisateur. Il crée un dialogue avec le danseur soliste. Ainsi, pour appeler le danseur à se présenter, le musicien joue des roulements. Ensuite, ce dernier souligne les pas du danseur comme, par exemple, le sobeo (mouvement fort des épaules). Durant son improvisation, il n’est pas rare qu’il utilise des subdivisions binaires comme ternaires. Il se sert également de toute la gamme de sons que propose son instrument.

Les chants

Chant proposé par Rafael 'Manolo el Duque' Cisnero Lescay (Cutumba) et transcrit par Daniel Mirabeau

[Soliste]
Nago yembe chea
Orisa nago yembe chea
Cuma nu ye

[Chœur]
Nago yembe chea
[Soliste]
Orisa nago yembe chea
[Chœur]
Cuma nu ye
[Soliste]
Orisa nago yembe chea
[Chœur]
Cuma nu ye
[Soliste]
Nago bien che lele ile e
Nago bien che lele ile o
Ile

[Chœur]
Nago bien che lele ile e
[Soliste]
Ile
[Chœur]
Nago bien che lele ile e
[Soliste]
Ile ile
[Chœur]
Nago bien che lele ile eo
[Soliste]
Ile ile
[Chœur]
Nago bien che lele ile eo
[Soliste]
Si mue cote danse loa
Mai peye bombo pu mue

[Chœur]
Nago nago
Nago se mue

Le disque Ritmos Cubafricanos (volume 1) interprété par le Ballet Folklórico Cutumba contient un morceau de Nagó.

Les rythmes nagós :

  • ESQUENAZI PÉREZ, Martha. Del areíto y otros sones. Editorial Letras Cubanas, 2001
  • Lameca
  • AfriCultures
  • MIRABEAU, Daniel. Traditions musicales haïtiennes dans la région orientale de Cuba. Disponible sur : RitmaCuba

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